Cancer du sein : le mythe du dépistage

TORONTO – Le dépistage du cancer du sein est considéré depuis longtemps comme l'un des meilleurs moyens pour réduire la mortalité liée à cette maladie. C'est pourquoi les doutes exprimés récemment quant à son efficacité - doutes encore renforcés par la publication en février dernier du résultat de 25 ans de suivi d'une cohorte de femmes au Canada - ont causé beaucoup d'émoi. Comment est-il possible que le dépistage du cancer du sein censé détecter la maladie à un stade précoce n'entraîne pas une diminution de la mortalité ?

Pour comprendre les limites du dépistage, il faut comprendre son processus. Des personnes apparemment en bonne santé passent une mammographie (une radio des seins) pour détecter une maladie insoupçonnée. En cas de détection d'une anomalie, un test diagnostic est réalisé pour confirmer la présence d'un cancer. Si le résultat est positif, le traitement commence.

La première limite du dépistage est évidente : sans diagnostic exact et sans traitement disponible, le dépistage ne sert à rien. Mais il se pose une autre question : le dépistage remplit-il l'objectif qui lui est assigné, à savoir réduire la mortalité du cancer du sein ?

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