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Redonner à l’Amérique sa mondialité

WASHINGTON – L’ordre libéral international demeure prisonnier du XXe siècle. Tandis que des autocraties comme la Chine ou la Russie ne cessent de  développer des sphères de coopération, les États-Unis répondent en construisant ou en renforçant des groupements régionaux où ils jouent les premiers rôles, de l’OTAN au Quad indo-pacifique (qui rassemble, outre les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde). Mais l’Amérique devrait plutôt se concentrer, dans sa stratégie globale, sur les valeurs et les visions communes que sur les pays eux-mêmes.

Les tensions autoritaires qui montent posent de nouveaux défis aux aspirations démocratiques, depuis la Crimée jusqu’à Taïwan. En Asie orientale comme en Europe orientale, la mise en place de zones grises, entre guerre et paix, met en péril l’intégrité territoriale, les systèmes d’échanges ouverts, les élections démocratiques, les chaînes d’approvisionnement et l’État de droit. Ces menaces illibérales ne constituent plus des questions purement européennes, américaines ou asiatiques. C’est désormais aux droits humains et à la démocratie elle-même qu’elles sont lancées de façon globale.

Malheureusement, les cadres internationaux de l’Amérique d’après 1945 sont mal dessinés pour nourrir une conversation commune parmi les sociétés libérales. Le G7, l’OTAN, l’Union européenne et le Quad, disparates parce que conçus pour différentes régions du monde, ne sont pas adaptés à la formulation d’une réponse globale forte.

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