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Berlusconi, Haider et la montée du post-fascisme

Tout d’abord la victoire de Haider, puis ensuite celle de Berlusconi. Le gouvernement de mon pays, la Hongrie, fait également partie de cette tendance inquiétante : avec le gouvernement bavarois (provincial à plus d'un titre), c’est le meilleur soutien à l'étranger du mouvement de Jörg Haider. En Hongrie, le gouvernement de Viktor Orban, essaye entre autres méfaits de supprimer le Parlement, de mettre à l'amende les autorités locales appartenant à l'opposition et de créer une nouvelle idéologie d'Etat avec la complicité d'intellectuels de droite fourvoyés.

Je ne suis pas un observateur impartial. Une vidéo tournée en 1998 montre Orban me protégeant de son corps contre les matraques de la brigade communiste anti-émeutes. Dix ans plus tard, Orban a pris un général de la police communiste pour être ministre de l’intérieur. En général les conflits politiques entre amis sont acrimonieux, et le nôtre ne fait pas exception. Nos adversaires nous sont personnellement trop proches pour que la situation soit confortable.

Orban, Haider et Berlusconi représentent une nouvelle politique d’exclusion qui trouve bien sa place dans le cadre de la mondialisation actuelle. Si le fascisme était l’ancienne politique d’exclusion, le nouveau post-fascisme et très différent : il lui manque un Führer, un parti unique ou même des SS. Ces deux idéologies partagent toutefois une caractéristique commune fondamentale : elles tentent de revenir l’idée du Siècle des Lumières selon laquelle la citoyenneté serait une valeur universelle.

En associant la citoyenneté à la dignité humaine, les Lumières l’ont associée à tous les Hommes quelle que soit leur classe, leur profession, leur sexe, leur race ou leurs opinions. Dans ce cadre, l'Etat représente tous les membres de la société, et ainsi, la citoyenneté a cessé d’être un privilège féodal, pour devenir un idéal universel conférant à tous une égalité politique potentielle.