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Gagner la bataille du “trop important pour faire faillite”

CAMBRIDGE – Les risques que les banques font courir au système financier continuent de faire les gros titres des journaux. Bank of America n’a pas réussi les tests de stress financier de la Réserve Fédérale américaine, et les régulateurs ont émis des critiques sur les plans de financements de Goldman Sachs et de JPMorgan Chase, obligeant ces deux institutions à réviser à la baisse leurs prévisions de dividendes et de rachats d’actions. Et l’intensification des activités de négociation financière de la CityBank soulève des doutes sur son contrôle approprié des risques.

Ces résultats révèlent que certaines des plus grandes banques sont toujours menacées. Et pourtant, les banquiers ne cessent de répéter que la mission d’après crise consistant à renforcer la réglementation et à rendre le système financier plus sûr est pratiquement terminée ; certains brandissent même de récentes études sur la sécurité des banques pour soutenir cet argument. Alors qu’en est-il ? Les banques sont-elles encore menacées ? Ou la réforme de la règlementation post-crise a-t-elle fait son office ?

La crise financière de 2008 a mis en lumière deux dangereuses caractéristiques dans le système financier actuel. D’abord, les gouvernements renfloueront les banques les plus importantes plutôt que de les laisser s’effondrer et risquer de fragiliser l’économie. Enfin, et cela est pire, être trop importantes pour faire faillite encourage les banques à s’élargir plus encore, d’autant que les créanciers et les partenaires commerciaux préfèrent travailler avec des banques bénéficiant d’une garantie implicite du gouvernement.

Les banques trop importantes pour faire faillite ont des taux d’intérêt plus faibles sur la dette que leurs consœurs de taille moyenne, parce que les prêteurs savent que les obligations ou les contrats d’échange émis par de telles banques seront honorés, même si la propre banque fait défaut. Auparavant, avant et juste après la crise financière de 2007-2008, cela a permis à ces grandes banques de se doter d’un avantage correspondant à plus d’un tiers de leurs capitaux.