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Les banquiers, l'argent et nous

Londres – Le comique de génie britannique Spike Milligan a déclaré un jour qu'il serait ravi d'avoir l'occasion de découvrir que l'argent ne fait pas le bonheur. On dit que ceux qui gagnent le gros lot finissent misérablement, bien que la réalité montre qu'ils sont aussi heureux que vous et moi si nous empochions un chèque d'un million de dollars. Néanmoins l'argent peut déclencher toutes sortes d'émotions – la colère par exemple.

C'est de cette façon que beaucoup de gens ont réagi en apprenant le niveau des primes des cadres financiers, quand la crise de 2007-2008 a frappé les banques, les entreprises, les économies des actionnaires, la croissance et l'emploi. Ainsi que l'a reconnu à sa manière un banquier, il y avait une certaine dissymétrie entre les revenus des banquiers et les pertes des banques.

Dans son dernier livre, un ouvrage magistral intitulé The Idea of Justice [L'idée de justice], le prix Nobel Amartya Sen souligne qu'un système est généralement jugé équitable quand les récompenses qu'il attribue sont liées à l'effort fourni. Cela n'a manifestement pas été le cas pour les banquiers.

Nous nous sommes pincé le nez et au nom de la survie de l'économie nationale nous avons approuvé les plans de sauvetage de l'Etat venant au secours des banques avec l'argent public. Aussi choquant que cela ait pu paraître, c'était une mesure nécessaire pour éviter une catastrophe économique.