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La Chute d'Atlas

Pour que le monde puisse effectuer un redressement acceptable de son économie, la reprise dépendra du redressement américain et de la continuation de son rôle d'importateur mondial de dernier recours. Aucun autre pays n'est capable de prendre le relais si l'économie américaine ne se renforce pas. Les milieux économiques restent optimistes quant au redressement japonais, mais au cours de la décennie écoulée, une décennie très décevante, un trop grand nombre de pseudo-redressements furent aperçus au Japon pour justifier de tels espoirs.

L'Europe semble également prête à décevoir. Les projections de la croissance européenne continuent de marquer un déclin et pourtant, les perspectives de politique gouvernementale restent la réduction des dépenses et l'augmentation des impôts pour atteindre la stabilité fiscale puisque le pacte de croissance se fait ressentir. De plus, la Banque centrale européenne semble désarmée parce qu'elle est liée par les entraves, qu'elle s'impose elle-même, de ses objectifs d'inflation. Les marchés émergeants, bien qu'ils soient suffisamment importants pour jouer un rôle significatif dans l'équilibre général de la demande mondiale n'y peuvent guère plus.

Ainsi l'Amérique reste le dernier et le meilleur espoir de l'économie mondiale. Cela est inquiétant pour deux raisons. Tout d'abord, l'Amérique ne peut entretenir à jamais des déficits courants énormes (et croissants) : viendra le jour où le désir des investisseurs étrangers de placer une part toujours croissante de leur richesse en Amérique devra décliner puis s'inverser. Quand cela se produira, le dollar chutera et le stimuli que cela apportait au monde économique par la demande américaine d'importations vivra ses derniers jours.

Ensuite, il n'existe aucun signe révélateur que le gouvernement des États-Unis comprenne ou veuille stimuler l'économie américaine de manière suffisante pour créer une croissance économique rapide. Si l'on examine la politique monétaire des États-Unis, la Réserve Fédérale américaine a poussé les intérêts à court terme raisonnables qu'elle contrôle vers des niveaux remarquablement bas : 1,25 % par an. Les taux d'intérêts à court terme ne peuvent pas descendre plus bas. Plus significativement, la petite marge restante qui permettrait de faire encore baisser ces taux d'intérêts aurait-elle une incidence quelconque pour relancer la demande ? Probablement pas.