10

Naviguer en mer de Trump

WASHINGTON – Dire que l’administration du président des États-Unis Donald Trump a fait des vagues au cours de ses premières semaines relève de la litote. D’importantes manifestations, aux États-Unis et dans le monde, ont accueilli l’entrée en fonction du nouvel hôte de la Maison-Blanche et se poursuivent depuis. Trump a déjà déclaré la guerre à une presse américaine hostile et tenu des propos peu amènes, au téléphone, à des dirigeants de pays amis.

Mais pour comprendre, dans l’ensemble, l’attitude de la nouvelle administration, les observateurs inquiets et dubitatifs, aux États-Unis et ailleurs, devraient suivre quelques principes généraux – j’en vois cinq –, plutôt que d’accorder trop d’attention à des faits isolés.

Tout d’abord, toutes les administrations nouvelles connaissent aux États-Unis une période de désordre : elles hésitent, créent de la confusion, disent et font des choses qu’elles désavoueront ou du moins regretteront plus tard. Certains hauts fonctionnaires ne seront pas à la hauteur et quitteront le gouvernement après seulement quelques mois.

Nombre des faux pas effectués au début d’une présidence sont imputables à un défaut du système politique américain. Lorsque le nouveau président entre en fonctions, la totalité de son équipe n’est pas encore en place et il doit attendre que les de son futur cabinet et un certain nombre de hauts fonctionnaires – c’est-à-dire celles et ceux à qui reviendra réellement la direction du gouvernement – soient confirmés par le Sénat. Durant les deux premières semaines au pouvoir de Trump, son administration n’a consisté qu’en une poignée de collaborateurs se bousculant à la Maison-Blanche. Comme celles qui l’ont précédée, l’administration Trump finira par s’installer et par s’acclimater – du moins peut-on le penser.