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Le nationalisme asiatique se manifeste en mer

CAMBRIDGE – Une guerre éclatera-t-elle dans les mers de l’Asie de l’Est ? Après que des militants nationalistes chinois et japonais aient organisé des occupations concurrentes d’un groupe d’îles inhabitées, appelées Senkaku par les Japonais et Diaoyu par les Chinois, des manifestants en colère à Chengdu, au sud-ouest de la Chine, ont crié « Nous devons tuer tous les Japonais ».

De même, une confrontation entre des navires chinois et philippins à proximité du récif de Scarborough en mer de Chine méridionale a entraîné des manifestations à Manille. Et une nouvelle étape, planifiée de longue date, de la coopération entre la Corée du Sud et le Japon a été torpillée par la visite du président sud-coréen sur un archipel désert, appelé Dokdo par les Sud-Coréens, Takeshima par les Japonais et Liancourt Rocks par les Américains.

Il ne faut pourtant pas se montrer trop alarmiste. Les Etats-Unis ont déclaré que l’archipel Senkaku (administré par la préfecture d’Okinawa depuis son retour au Japon en 1972) est couvert par le traité de sécurité américano-japonais. Dans l’intervalle, la confrontation à propos du récif de Scarborough s’est apaisée et bien que le Japon ait rappelé son ambassadeur à Séoul après l’incident de Dokdo, il est peu probable que les deux pays en viennent aux mains.

Il fait toutefois rappeler que la Chine a recouru à la force pour expulser les Vietnamiens des îles Paracels en 1974 et 1988. Et la Chine a prévalu lors du sommet de l’ASEAN de cette année, accueilli par le Cambodge, en bloquant le communiqué final qui prévoyait l’adoption d’un Code de conduite pour la mer de Chine méridionale – pour la première fois en 45 ans d’existence de l’organisation de dix membres, aucun communiqué conjoint n'a été publié.