Christine Lagarde IMF Photo/Stephen Jaffe

Les fausses excuses du FMI

PRINCETON – « Dois-je me mettre à genoux ? » a demandé à Andrew Marr de la BBC Christine Lagarde, la Directrice générale du Fonds monétaire International. Lagarde s'excusait à cette occasion des mauvaises prévisions du FMI sur les résultats économique récents du Royaume-Uni et plus sérieusement, de la critique de longue date du FMI sur l'austérité budgétaire menée par le Premier ministre David Cameron. Approuvant à présent l'austérité britannique, Lagarde a dit que cette mesure augmentait la confiance dans les perspectives économiques du Royaume-Uni et stimulait ainsi la reprise récente.

Les excuses de Lagarde constituent un fait sans précédent et courageux. Pourtant Lagarde a eu tort de les formuler. En faisant ses excuses, le FMI a transigé sur un principe économique qui bénéficie d'un immense soutien institutionnel : la confiance « juste », ça n'existe pas. En s'inclinant face à la pression du Royaume-Uni, le FMI a sapé son seul atout véritable : son indépendance.

Le FMI a esquivé sa responsabilité pour des erreurs de prévision beaucoup plus graves, y compris pour son incapacité à anticiper chaque crise majeure de la dernière génération, de celle du Mexique en 1994-1995, au quasi-effondrement du système financier mondial en 2008. En effet, pendant les 6 à 12 mois précédant chaque crise, le FMI n'avait annoncé aucune variation notable.

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