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La bombe à retardement au sommet du monde

SAN DIEGO Il nous semble bien difficile d'imaginer de plus grands cataclysmes dus au changement climatique que les incendies qui ravagent les États de Californie, de l'Oregon et de Washington, ou le cortège d'ouragans qui ont longé – et parfois ravagé – la Côte du Sud des États-Unis. Nous connaissons également des vagues de chaleur meurtrières en Inde, au Pakistan et en Europe, ainsi que les crues torrentielles dans le Sud-Est asiatique. Mais des calamités bien pires nous attendent. Dont une en particulier, qui représente un risque si grand qu'il menace à lui seul l'humanité tout entière : la fonte rapide de la banquise de l'Arctique.

Une « bombe climatique » de ce genre nous évoque un film d'Alfred Hitchcock. En effet, à un certain point, un tel phénomène pourrait plus que doubler l'accélération du réchauffement climatique – et nous comprenons mieux dès lors en quoi ce compte à rebours suscite nos plus fortes inquiétudes. Chaque année au mois de septembre, la superficie de la banquise de l'Arctique atteint son plus bas niveau, avant qu'une nuit sans fin accompagnée d'une chute des températures ne favorise sa nouvelle expansion. À ce jour, les scientifiques ont mesuré que sa superficie est équivalente à celle de l'année précédente.

Ces résultats devraient nous glacer d'effroi. Cette année, les mesures effectuées par le National Snow and Ice Data Center de Boulder au Colorado montrent qu'il y a moins de glace au milieu de l'Arctique qu'au cours des années précédentes et une toute nouvelle étude montre que le niveau de la banquise dans la Mer de Bering a atteint son plus bas niveau depuis 5 500 ans en 2018 et 2019.

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