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Accord avec l’Iran: convaincre à domicile.

WASHINGTON, DC – Les premières déclarations du gouvernement américain concernant « l’accord préliminaire sur le programme nucléaire iranien » se sont surtout concentrées sur le succès de l’accord obtenu par les Etats-Unis et l’Occident. L’Iran a accepté d’arrêter l’enrichissement de l’uranium au-delà de 5% de concentration ; de neutraliser ses réserves d’uranium enrichi à près de 20% ; de cesser d’accumuler l’uranium enrichi à 3,5% ; de renoncer à la « prochaine génération de centrifugeuses » ; de fermer son réacteur au plutonium ; et d’autoriser de nouvelles inspections complètes de ses installations nucléaires. En retour, l’Iran obtient  “une levée limitée, temporaire, ciblée et réversible » des sanctions internationales.

L’accord ne couvre que les six prochains mois durant lesquels les deux parties tenteront de parvenir à un accord définitif complet. Pour l’instant, et comme l’a exprimé le président Barack Obama, du point de vue américain, « l’Iran doit maintenant prouver au monde que son programme nucléaire ne sera qu’à des fins exclusivement pacifiques. »

Le fait de présenter ainsi la situation dénote la difficulté de vendre un accord même limité et temporaire à un Congrès américain sceptique. Le mécontentement manifeste d’Israël concernant l’ensemble du processus de négociation, un sujet que le Premier ministre Benyamin Netanyahu n’a eu de cesse de soulever auprès de quiconque lui prêtait une oreille attentive au cours de ces trois derniers mois, résonne très fortement auprès de ses nombreux amis au Congrès.

En effet, la position d’Israël conforte les opposants républicains d’Obama qui notent la faiblesse et la naïveté de ses talents de négociateur avec l’Iran, un pays qui persiste à qualifier les Etats-Unis de « grand satan. » Les Républicains comme les Démocrates menacent de voter un nouvel ensemble de sanctions dures contre l’Iran en décembre. Obama doit donc se concentrer autant à renforcer sa position vis-à-vis des partisans de la ligne dure en interne qu’à affirmer sa fermeté auprès des négociateurs iraniens.