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Une épidémie de politique

Les Américains, comme les citoyens de tous les pays du monde, en sont arrivés à accepter le fait que la politique joue un rôle important dans la nomination de certaines sortes de représentants publics. Peu d'entre nous sont surpris (bien que certains puissent être déçus) lorsqu'un juge fédéral ou un diplomate senior est nommé parce qu'il a réussi un test crucial de fidélité à un principe important aux yeux du parti du président ou du premier ministre. Mais la science, de l'avis de tous, occupe une place à part et sur ce point, les Etats-Unis commencent à servir d'exemple d'avertissement pour le reste du monde.

Les nominations scientifiques doivent reposer sur des critères objectifs de formation, de compétence et de performance. A l'évidence, il est légitime d'interroger un futur secrétaire à la Santé et aux Services humains (SSH) sur ses vues sur l'avortement. Mais il est totalement déplacé de soumettre les candidats retenus pour siéger dans des comités consultatifs scientifiques à des tests de loyauté politique. De même, l'appartenance à des organismes examinant les propositions scientifiques, un processus fondamental pour le progrès scientifique, devrait sans aucun doute être affranchie de toutes les barrières qui sont sans rapport avec les qualifications professionnelles.

Malheureusement, les scientifiques aux Etats-Unis se heurtent de plus en plus souvent à ces barrières. Au cours de l'automne dernier, la revue Science a publié plusieurs reportages sur la question.

Un de ces reportages portait sur le remplacement massif des membres du comité consultatif du Centre national pour la santé environnementale, qui fait partie du Centre de prévention et de contrôle des maladies (CDC), sans consultation préalable du directeur du centre. Des cas similaires ont également été observés dans l'Advisory Committee on Lead Poisoning and Prevention du CDC, l'Advisory Committee on National Human Research Protections et l'Advisory Committee on Genetic Testing.