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Une Amérique responsable de son propre déclin

MELBOURNE – Les États-Unis comme l'Europe seront seuls responsables d'une éventuelle disparition de la prospérité générale d'après-guerre qui dure depuis six décennies. Sauf quelques rares exceptions, le métier politique est décrié partout en Occident comme le principal coupable de cet état de fait. Car en politique, le quotidien importe toujours plus que la semaine qui vient, les semaines suivantes l'emportent sur l'an prochain et personne ne cherche à assurer un avenir durable. L'Occident en paye maintenant le prix.

L'intuitif président Barack Obama fait sans doute exception ici, mais il doit composer avec la dominante conservatrice des Américains et un certain populisme démagogique, incarné avec plus de virulence par le Tea Party, qui pourrait bien défaire sa candidature en 2012, portant au passage un dur coup au pays.

Au grand dam des alliés de l'Amérique dans le monde entier, ils ont dû assisté au dernier bras de fer sur la hausse du plafond de la dette du gouvernement fédéral et à l'incapacité du Congrès américain à en venir à un compromis un tant soit peu équilibré et ouvert sur l'avenir. Bien au contraire, l'issue de la mêlée représente une victoire sans équivoque des têtes d'affiche du Tea Party, dont le but avoué est de réduire au strict minimum les obligations et les dépenses de l'État (certains niant même la nécessité d'une banque centrale) et de maintenir les réductions éhontées de l'impôt accordées aux riches par George W. Bush.

Les difficultés fiscales des États-Unis découlent d'une longue période de dépenses sans sources de revenus appariés. Les guerres en Afghanistan et en Irak amorcées par Bush et la façon dont il a mené sa « guerre totale contre le terrorisme » n'ont fait qu'empirer les choses, mettant les États-Unis dans une situation totalement intenable. Force est de constater que le président Obama a hérité de problèmes quasi insolubles.