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Le nationalisme de marée noire de l’Amérique

LONDRES – L’exception américaine, lorsqu’elle devient endémique, est un tsunami à éviter. La compagnie pétrolière BP est en train de s’en rendre compte.

Le désastre environnemental qui détruit les communautés côtières du Golfe du Mexique et qui tue la vie sous-marine est une tragédie globale. BP doit assumer une grande part des responsabilités. Tout comme le devrait les sociétés américaines tel que Transocean et Halliburton, puisqu’elles participaient à cette maudite entreprise. Mais leur nationalité semble les avoir protégé.

La responsabilité sociale de BP est énorme. Comme l’était déjà celle des sociétés américaines qui ont provoqué la catastrophe chimique de l’usine Union Carbide à Bhopal en Inde (3000 morts dans un premier temps, puis 15 000 décès supplémentaires dans les années qui suivirent), et de ceux qui causèrent l’accident de la plate-forme pétrolière Piper Alpha, qui entraina la mort de 167 personnes en mer du nord en 1988. On sait ce qu’est le péché d’entreprise aux Etats-Unis.

Avant d’attaquer le prétendument étranger BP, les responsables politiques américains devraient peut-être se poser un moment pour réfléchir aux liens intimes entre politique et industrie pétrolière aux Etats-Unis. Ils constituent sans aucun doute la raison principale du laxisme de la règlementation des forages pétroliers en haute mer.