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L’Amérique et le bien public mondial

L’Amérique est actuellement paralysée par le problème qu’elle s’est elle-même créée en Irak. Les candidats à la présidentielle commencent déjà à se demander quels devraient être les credo de la politique étrangère des États-Unis au lendemain de l'Irak. Il conviendrait, me semble-t-il, de se concentrer sur le bien public mondial – dont la consommation par un individu n'empêche pas sa consommation par un autre – pour aider l'Amérique à concilier sa puissance prépondérante avec les intérêts d'autrui.

Certes, les biens publics dits « purs » sont rares ; les autres ne correspondant qu'en partie à l’idéal, par exemple, de la qualité de l'air – bien dont personne n'est exclu et chacun peut profiter simultanément. La lutte contre le réchauffement climatique est certainement la plus grande priorité à l'heure actuelle.

Si le premier bénéficiaire d'un bien public (comme les États-Unis) ne prend pas l'initiative de consacrer ses ressources disproportionnées à sa production, il y a peu de chances pour que des bénéficiaires moindres puissent produire ce bien, compte tenu des difficultés liées à l'organisation d'une action collective à grande échelle.

Les États-Unis pourraient retirer deux avantages de cette situation : bénéficier des biens publics et légitimer leur puissance prépondérante aux yeux des autres. Ils ont tout à apprendre des leçons du XIXe siècle, lorsque la Grande-Bretagne était une grande puissance s’efforçant de maintenir l'équilibre entre les grands États d'Europe, de promouvoir un système économique international et de préserver la liberté maritime.