0

La crise mondiale et l'immunité africaine

ACCRA – Le chômage est à la hausse aux Etats-Unis, la Grande-Bretagne nationalise ses banques, de petits pays dont l'économie était florissante se retrouvent pratiquement en faillite. Même des pays solides comme la Chine et l'Inde sont touchés par le ralentissement, voient leurs rêves brisés et réduisent leurs ambitions. Pourtant, la crise financière mondiale qui dévore le monde capitaliste ne semble pas affecter beaucoup l'Afrique sub-saharienne,

Dans les villes africaines à la mode, le prix des habitations reste stratosphérique. Aussi étonnant que cela puisse paraître, à Accra ou à Kampala, une maison de type occidental coûte deux à trois fois plus chère que l'équivalent à Cleveland ou dans les autres villes du cœur de l'Amérique. Alors que de Madrid à Berlin et de Miami à Los Angeles les prix de l'immobilier sont en chute libre, en Afrique ils atteignent encore des sommets.

Simultanément, les banques africaines apparaissent solides comme un roc, comparées à leurs homologues criblées de dettes aux USA et en Europe. Alors que les banquiers internationaux faisaient faillite en cumulants les prêts nocifs, les banquiers africains en restaient à réaliser des profits à la manière traditionnelle : en rémunérant faiblement les déposants et en achetant des emprunts d'Etat qui offraient un rendement sûr.

Même les déficits budgétaires – depuis longtemps la plaie de l'Afrique – semblent peu de chose comparés aux dettes massives auxquelles sont confrontés les USA et quelques pays européens. Le nouveau gouvernement américain d'Obama propose un plan de sauvetage qui créerait un déficit record de plus de mille milliards de dollars qui va s'ajouter au déficit déjà hors limite hérité de la présidence de Bush.