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Les bonnes pratiques de l'Afrique

J'ai visité le Ghana récemment et je me retrouve comme beaucoup d'autres à me demander comment un pays « en développement » peut être développé ? Il y a quelque chose de gênant dans cette formulation, et en particulier dans le mot « en développement », qui est souvent un euphémisme pour l'absence de développement économique. Un pays cesse-t-il de se développer dès que des forces extérieures mettent tout en oeuvre pour le développer ?

Mon hôte, la Fondation Kweku Hutchful, m'invita pour d'autres raisons : les leaders ghanéens peuvent-ils être développés ? Cette formulation avait aussi quelque chose de troublant et une fois de plus, c'était à cause du mot « développement ».

Peut-on réellement « développer » un leader ou un pays ? Les multinationales, les organisations non gouvernementales internationales et les prêteurs multilatéraux comprennent-ils vraiment les besoins locaux ? Le fait que de « bonnes pratiques » fonctionnent à New York n'impliquent pas nécessairement qu'elles fonctionneront à Accra au Ghana? Imaginez comment les dirigeants américains réagiraient face aux consultants fraîchement débarqués du Ghana avec leurs « bonnes pratiques » et déclarant que « ça a fait ses preuves à Accra, donc cela ne peut que fonctionner à New York ».

Il existe, bien sûr, un exemple très célèbre de ce type : Kofi Annan, dont la direction a permis aux Nations unies de s'améliorer remarquablement. Annan a passé le plus clair de sa carrière à l'extérieur du Ghana et a suivi une formation universitaire américaine. Cependant, comme l'un de ses conseillers le dit un jour, il « fait tourner les Nations unies comme un village africain traditionnel, avec de longues discussions parmi les anciens et des périodes de réflexion pour éventuellement prendre une décision ».