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La voie moyenne pour le développement de l'Afrique

YAOUNDÉ – Lorsque l'on examine la question des relations avec la Chine (et de manière plus générale les stratégies de développement), on trouve deux camps opposés en Afrique. Mais l'approche la plus prometteuse est « une voie moyenne » qui apaise les contradictions et offre une vision équilibrée, accommodante et pragmatique, grâce à laquelle les Africains pourront s'unir.

D'un côté de la question se trouvent les optimistes de la Chine. La coopération avec la Chine, selon leur point de vue, peut permettre à l'Afrique de tracer sa propre voie de développement, indépendamment des prescriptions de la politique occidentale. Ce groupe est favorable au modèle de gouvernance « de Pékin », qui met l'accent sur la souveraineté nationale et sur le contrôle par l'État.

Dans l'autre camp se trouvent les pessimistes de la Chine. Ils s'inquiètent que la dynamique dans les relations sino-africaines ne favorise exclusivement la Chine. Ils préfèrent l'approche axée sur la démocratie de l'Occident, qui met l'accent sur les droits individuels, soutenus par l'ordre du jour du marché libre représenté par le Consensus de Washington.

Le troisième groupe comprend « ceux s'accommodent de la Chine » et qui rassemblent les objectifs des optimistes avec la méfiance des pessimistes. Ils insistent sur la nécessité d'une stratégie africaine commune vis-à-vis de la Chine qui minimise les asymétries de la relation. Représentés par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), le groupe de ceux s'accommodent de la Chine se fait le champion de la démocratie, de l'état de droit et des droits de l'homme. Mais comme la Chine, ce groupe s'oppose à toute interférence en provenance de l'Occident.