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S'adapter ou périr !

MILAN – Dans les pays émergents en croissance rapide, une combinaison de forces économiques internes, de mesures d'encouragement et la nature changeante de l'économie mondiale conduisent à des changements rapides et profonds. La transformation des structures économiques se fait si vite qu'il est presque impossible de l'ignorer - malgré sa complexité parfois étourdissante.

Dans cet environnement volatil, les erreurs sont fréquentes, la plus dangereuse étant peut-être de conserver trop longtemps une stratégie de croissance qui réussit (une combinaison d'avantages comparatifs et de mesures associées). Dans le secteur tourné vers l'exportation, les avantages comparatifs changent constamment, entraînant des changements structuraux et des restructurations profondes. Les pays émergents qui accèdent au statut de pays à revenu intermédiaire tentent souvent de résister à ces changements, ce qui freine la croissance ou même l'arrête carrément.

Quand le secteur privé est le moteur de ces changements, la politique de l'Etat et le type d'investissement public ont alors un rôle de soutien et de complémentarité tout à fait essentiel. Ils doivent donc s'y adapter eux aussi. La structure politique qui a été la meilleure pour les pays émergents est celle qui vise non seulement à la stabilité macroéconomique et monétaire, mais aussi à une bonne capacité d'adaptation, guidée par une évaluation anticipative (même si elle est intrinsèquement imparfaite) des changements macro et microstructuraux, avec les mesures nécessaires pour les accompagner.

Qu'en est-il des grands pays avancés ? Pour des raisons historiques, ils sont moins flexibles et s'adaptent plus difficilement. Ils considèrent généralement que les changements structuraux sont essentiellement du ressort du secteur privé, ce qui les met hors du champ des projets politiques à long terme. Depuis la période d'après-guerre jusqu'à récemment, ce sont eux qui dominaient l'économie mondiale, l'influence des pays émergents sur eux était alors relativement faible. Mais aujourd'hui il leur reste encore à répondre de manière adéquate aux changements structuraux rapides de l'économie mondiale.