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Eloge de la fragmentation

LONDRES – Les marchés émergents sont à nouveau sur le devant de la scène. Les investisseurs et les banques sont tout à coup réticents à financer les déficits des comptes courants par de la dette à court terme. L'Afrique du Sud a dû augmenter ses taux d'intérêt malgré une croissance économique lente pour attirer les financements nécessaires. L'augmentation des taux de la Turquie est spectaculaire. Pour ces pays émergents et pour d'autres, 2014 risque d'être une année mouvementée.

Si la volatilité devient extrême, certains pays peuvent envisager d'imposer des contraintes sur les sorties de capitaux, que le Fonds Monétaire International juge à présent utiles dans certaines circonstances. Mais la question essentielle est de savoir comment gérer l'impact des entrées de capitaux à court terme.

Jusqu'à récemment, la doctrine économique orthodoxe estimait que cette question était sans objet. On a vanté les mérites de la libéralisation financière, qui a permis aux capitaux de circuler vers le lieu où ils sont le mieux utilisés, ce qui a fait augmenter la croissance nationale et mondiale.

Mais les arguments en faveur de la libéralisation du compte capital sont peu convaincants. Les meilleurs développements de l'histoire économique, le Japon et la Corée du Sud, se composent d'une importante répression financière et de contrôle des capitaux intérieurs, après plusieurs décennies de croissance rapide.