Paul Lachine

Une union monétaire plus parfaite

WARSAW – La zone euro est souvent considérée comme l’expérience d’une union monétaire sans unité politique. Ceux qui se prévalent de cette conception semblent avoir en tête un modèle d’Etat unique, ayant simultanément deux caractéristiques: une souveraineté fiscale limitée aux gouvernements régionaux et locaux, et un budget commun important, capable de subvenir aux besoins des régions touchées par des chocs asymétriques.

Ceux qui pensent que “l’unité politique” est indispensable à la zone euro, semblent se polariser sur la seconde caractéristique, en dépit du fait que la discipline budgétaire imposée aux gouvernements locaux soit clairement une donnée constitutive des Etats pris isolément. Dans ce sens, ils ne tiennent pas compte du fait que le Pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne est en principe une donnée importante de l’union politique, mais n’en tient pas lieu. Les difficultés budgétaires actuelles de la zone euro ne résultent pas de l’absence d’un important budget commun, mais des faiblesses de l’application du Pacte.

Plus largement, il a existé d’autres unions monétaires, non seulement entre Etats, mais entre groupes d’Etats souverains, et l’étalon or en a constitué l’un des grands exemples historiques. Ces unions monétaires ont montré deux choses, qu’elles exigeaient une discipline budgétaire de la part de chacun des membres – probante sous l’étalon or, avec sa règle non écrite quant à l’équilibre des budgets – et qu’elles n’offraient aucun recours à des fonds provenant d’un centre, parce qu’un tel centre n’existait pas.  En revanche, ce qui leur permettait d’absorber les chocs asymétriques, c’était leur grande flexibilité, y compris sur les marchés du travail.

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