France, ou le songe d’une nuit d’été

PARIS – Le 14 juillet, fête nationale française, a été une magnifique journée cette année. Le défilé militaire, dominé par la célébration de la « victoire » au Mali et la participation conjointe des troupes africaines et onusiennes, avait la perfection d’un ballet, certes musclé, mais gracieux.

Le concert classique présenté avant le magistral feu d’artifice qui a clôturé la journée ressemblait beaucoup à une version française du Proms de Londres, avec son mélange de musique classique légère et de chansons populaires. Paris, au cas où l’on en douterait encore, demeure la capitale du monde – c’est du moins l’impression ressentie le temps d’une nuit.

La mélancolie dont la France était enveloppée depuis de nombreuses années s’était évaporée. La célébration de la gloire du passé, mêlée aux chansons populaires anglaises actuelles, semblait indiquer un renouveau de la confiance nationale. Quel était le sens de ce moment de grâce ? Etait-il uniquement le produit d’une illusion collective, une sorte de village Potemkine émotionnel encouragé, sinon conçu par les autorités pour restaurer un peu de l’assurance des citoyens français déprimés ?

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