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La lutte contre le terrorisme nécessite un consensus général

Aussitôt que l'on parle de l'ONU, on pense au scandale du programme "Pétrole contre nourriture" et à ses conséquences sur la capacité de son secrétaire général, Kofi Annan, à aller au terme de son mandat qui doit s'achever dans 18 mois.

Mais hormis l'enquête à ce sujet, bien d'autres choses se passent à l'ONU. On parle de réformes, en partie à cause de ce scandale, mais aussi en raison de l'incapacité de l'ONU à faire face aux crises qui ont eu lieu au Rwanda, au Kosovo, en Irak et plus récemment au Soudan. Même les plus ardents défenseurs de l'ONU reconnaissent maintenant qu'une réforme est nécessaire pour que l'organisation puisse contribuer efficacement à la paix et à la sécurité internationale.

On envisage notamment de modifier la composition du Conseil de sécurité qui traduit la manière dont les Alliés voyaient le monde et voulaient conduire son évolution au lendemain de la Deuxième guerre mondiale. C'est ce qui explique qu'un pays qui était aussi affaibli que la France en soit devenu membre permanent, contrairement à l'Allemagne et au Japon (ou à l'Inde qui n'avait pas encore accédée à l'indépendance). La composition actuelle du Conseil de sécurité est indéfendable et la nécessité de sa réforme indiscutable. Mais il va être extrêmement difficile d'obtenir un accord au niveau international pour y parvenir.

La Grande-Bretagne et la France feront tout pour éviter de perdre leur siège permanent au bénéfice d'un siège unique qui serait attribué à l’Union européenne, faire de l'Allemagne un membre permanent accroîtrait la surreprésentation relative de l'Europe au Conseil ; le Pakistan ne voudra pas de l'Inde, l'Argentine, le Chili et le Mexique ne voudront pas du Brésil, le Nigeria et l'Afrique du Sud se rejetteront réciproquement et plusieurs pays - notamment la Chine, l'Indonésie et la Corée du Sud - s'opposeront sans doute à l'attribution d'un siège permanent au Japon.