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La « remise à zéro » vouée à l’échec d’Obama

MOSCOU – Lorsqu’il a annulé sa rencontre au sommet de Moscou avec le président russe Vladimir Poutine, le président des États-Unis Barack Obama a, en fait, mis fin à ses efforts de « remise à zéro » des relations entre les deux pays. La rencontre des deux présidents au dernier Sommet du G20 à St-Petersburg était cordiale, mais n’a pas encore changé l’état des choses. Les échanges rhétoriques acérés ont continué, malgré la nouvelle initiative de la Russie sur les armes chimiques de la Syrie.

L’échec de la « remise à zéro » ne devrait surprendre personne, vu ses fondations minées. En fait, même si la cause immédiate de la décision d’Obama d’annuler le sommet de Moscou était l’asile temporaire accordé par Poutine à Edward Snowden, un contractuel américain du renseignement, les relations entre ces deux pays sont tendues depuis longtemps. Ainsi en 2011, les États-Unis et ses alliés ont lancé une série de bombardements aériens à grande échelle sur la Libye après avoir réussi à convaincre l’ancien président de la Russie, Dmitri Medvedev de ne pas s’opposer à une résolution des Nations Unies visant à imposer une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye, ce qui a contribué à abattre le régime. Une manœuvre diplomatique que les dirigeants russes n’ont pas manqué par la suite de qualifier de « trompeuse ».

Depuis le retour de Poutine à la présidence l’an dernier, les relations se sont détériorées davantage, en raison de différends portant sur la réduction des armements, les systèmes de défense antimissiles et les droits de la personne. Par exemple, à la fin de l’année dernière, le Congrès américain a imposé des sanctions aux responsables russes impliqués dans des violations des droits de la personne, incitant la Russie à instaurer une interdiction sur les adoptions par les familles américaines.

De plus, même si Obama et Poutine pourraient en arriver à un accord sur le retrait des armes chimiques de la Syrie, la politique américaine est encore en faveur de l’expulsion du président Bashar al-Assad, alors que la Russie continue de soutenir le régime, en raison de sa peur d’un effondrement qui aboutirait dans un gouvernement radical dirigé par les sunnites, ou au chaos. Plus à l’est, les États-Unis et la Russie avaient convenu de coopérer pour la transition d’après-guerre en Afghanistan, mais ce n’est pas ce qui est en train de se passer.