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Garder la tête froide sur les sujets brûlants

LONDRES – A la lecture de Dreams of my Father (Les rêves de mon père, ndt), un ensemble de réflexions superbement rédigées du Président américain Barack Obama sur les premières années de sa vie et son identité, on est frappé par son approche intellectuelle et posée. Cela ne veut pas dire qu’il soit étranger à toute forme d’émotion. Obama est capable de s’enrager et de pleurer. Mais il semble rarement agir  sur le vif ou sur la base d’un préjugé instinctif.

Pragmatique et extrêmement intelligent, chaque dossier finit toujours, tôt ou tard, par recevoir toute l’attention de sa curiosité de juriste. Tout comme dans le film de campagne de Hilary Clinton pour les primaires du parti démocrate, Obama, semble-t-il, est exactement le genre de président que la plupart d’entre nous aimerait voir à ce poste pour répondre à ce coup de fil à 3 heures du matin à propos d’une crise internationale. Il n’aurait pas peur d’agir, mais il serait préparé à réfléchir d’abord.

Je ne pense donc pas qu’Obama soit trop dérangé par certaines des critiques qui lui sont faites au terme de sa première année de mandat mais il a sans aucun doute fait la grimace à l’annonce de la défaite du candidat démocrate à l’élection sénatoriale spéciale du Massachusetts visant à pourvoir le poste laissé vacant par la disparition de Ted Kennedy. Obama faisait l’objet de toutes les louanges il y a tout juste un an ; douze mois plus tard, la critique se déchaine.

Obama a récupéré un lourd héritage : récession, débâcle financière, Irak, Afghanistan. Il n’a pas résolu tous ces problèmes. Mais il est difficile de lui trouver de réelles fautes graves, à l’exception peut-être de s’être laissé quelque peu malmené par le Premier Ministre Israélien Netanyahu et d’avoir donné à la Chine l’impression qu’il était prêt à accepter une relation bilatérale entièrement selon les termes de la Chine.