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The Human Rights Revolution

Plus de lèpre

Yohei Sasakawa

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2009-10-29

TOKYO – Le Père Damien a été canonisé par Benoit XVI le mois dernier à Rome. Cette cérémonie religieuse et spirituelle est l’occasion de méditer sur la vie de Père Damien et sur la vie de ceux dont il a partagé l’existence, les personnes atteintes de la lèpre.

En 1873, le Père Damien, originaire de Belgique, est allé vivre parmi les personnes atteintes de la lèpre qui avaient été mises à l’isolement sur l’île de Molokai à Hawaï. C’était à une époque où la lèpre était considérée comme une maladie contagieuse dangereuse pour laquelle il n’existait aucun traitement.

Le monde est parsemé d’îles sur lesquelles les personnes atteintes de lèpre étaient bannies de la société telles que l’île de Robben en Afrique du sud, où Nelson Mendela sera emprisonné bien des années plus tard comme prisonnier politique, l’île de Culion aux Philippines, différentes îles de la Méditerranée et cinq îles au Japon. Dans les 16 années qui suivirent son arrivée sur l’île jusqu’à sa mort causée par cette même lèpre, le Père Damien a dévoué sa vie au bien-être des personnes souffrant de la lèpre de Molokai.

La lèpre se soigne très bien aujourd’hui. Depuis que la multi-thérapie est apparue au début des années 80, quelques 16 millions de personnes ont été soignées. En 1985, lorsque l’Organisation Mondiale de la Santé s’était donné l’objectif de réduire l’ampleur de cette maladie dans chaque pays où elle sévissait à moins d’un cas pour 10 000 habitants, 122 pays n’avaient toujours pas atteint cet objectif. Ils ne sont plus que trois aujourd’hui,. Cette maladie ne devrait donc plus rester un problème majeur de santé publique pour longtemps.

Mais la bataille contre la lèpre comprend de multiples aspects. J’utilise souvent l’image de la motocyclette pour expliquer cela. La roue avant représente la bataille médicale pour éradiquer la maladie ; la roue arrière symbolise l’effort fourni au niveau social pour s’attaquer aux stigmates et à la discrimination provoqués par la lèpre.

Les personnes atteintes de lèpre ainsi que les membres de leur famille ont souffert de cette discrimination sociale partout dans le monde. C’est ainsi que nombres d’entre elles furent obligées pour y échapper de se rassembler et de vivre en marge de la société. De telles communautés existent encore aujourd’hui et il est extrêmement regrettable que des journaux sérieux et responsables se réfèrent encore à leurs occupants dans des termes péjoratifs de ‘lépreux’. Une terminologie aussi stigmatisante est un affront à la dignité des personnes atteintes de la lèpre et est l’une des raisons principales du préjudice et de la discrimination dont ils font toujours l’objet.

Au fil du temps, les personnes atteintes de la lèpre se sont vus refuser leurs droits élémentaires à l’éducation, à l’emploi, au mariage et à la participation à la vie de la communauté. Même leurs enfants en pleine santé en souffrent. On leur refuse l’accès dans les hôtels et dans les restaurants et souvent même aux services publics. La discrimination est une constante dans bien des aspects de leur vie quotidienne.

Stanley Stein, qui a passé quelques 40 années derrière des barbelés en tant que patient et activiste à la léproserie ouverte de Carville en Louisiane écrivait : « Les ravages des stigmates de cette maladie sont aussi importants que les ravages du microbe lui-même. » Je me demande combien de personnes savent qu’aux Etats-Unis, pays pourtant champion des droits de l’homme, les personnes atteintes de lèpre n’ont obtenu le droit de vote que depuis la seconde guerre mondiale.

La roue arrière de la motocyclette s’est enfin remise à tourner lorsque le gouvernement japonais proposa une résolution pour mettre fin à toute discrimination à l’encontre des personnes atteintes de la lèpre et des membres de leur famille qui fut votée à l’unanimité par le Conseils de Droits de l’Homme en juin de l’année dernière. Depuis, le comité consultatif du Conseil a rédigé les grandes lignes de la proposition de loi. Celles-ci furent présentées récemment lors de la douzième session du Conseil et ses membres se sont mis d’accord pour présenter une version finalisée lors de la quinzième session, l’année prochaine.

Doucement mais sûrement, la bataille pour la reconnaissance des droits des personnes souffrant de la lèpre porte ses fruits. Mais au moment où nous célébrons la canonisation du Père Damien et une vie toute dévouée aux autres, rappelons nous que le combat contre la discrimination requiert une participation active de chacun d’entre nous.

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ahmettuna 09:11 02 Nov 09

Thank you so much. Because of the article, I learned a lot about leprosy and the ones that once were exiled to the far away places.



AUTHOR INFO

Yohei Sasakawa is WHO Goodwill Ambassador for the Elimination of Leprosy, Japanese Government Goodwill Ambassador for the Human Rights of People Affected by Leprosy, and Chairman of The Nippon Foundation.