Human Rights
De l’Espoir pour les Roms
George Soros and James D. Wolfensohn
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BRUXELLES – Haïs, exclus et traités de voleurs, voire pire, les Roms ont trop longtemps été la proie facile et sans défense de racistes mécontents en Hongrie, Roumanie, Slovaquie, République tchèque et d’autres pays européens.
Le peuple tsigane n’a presque rien gagné de la prospérité dont les pays de l’ancien bloc soviétique ont bénéficié depuis la chute du mur de Berlin. Et pourtant, même avant la crise économique actuelle, les dirigeants des partis de droite en Europe de l’Est s’en prenaient aux Roms pour remporter un électorat facile. Le message haineux continue de faire beaucoup d’émules, dont un petit nombre est prêt à recourir à la violence.
Au cours des 14 derniers mois, neufs Roms ont péri dans une folie meurtrière en Hongrie. En août, des hommes armés ont fait irruption dans le foyer de Maria Balogh, une pauvre veuve rom. Ils l’ont abattue et blessé sa fille âgée de treize ans. En avril, des tueurs ont descendu un ouvrier rom en chemin vers l'usine où il travaillait. En février, un père rom et son fils de cinq ans ont trouvé la mort sur le seuil de leur maison près de Budapest, laquelle fut réduite en cendres.
En novembre dernier, un couple de Tsiganes a été tué dans le Nord Est de la Hongrie. La police hongroise a très justement entrepris une chasse à l’homme sans précédent et a arrêté, en août dernier, quatre suspects, dont certains arboraient des croix gammées tatouées. Le même mois en Roumanie, deux étudiants en médicine ont assassiné et démembré un Rom de 65 ans avant de laisser son corps dans le coffre d’une voiture.
Peut-être cette éruption de violence fera reculer le discours raciste. Peut-être les gens se rendront-ils compte que seul un message de haine criminelle en ressort. Peut-être la violence subsistera-t-elle. Il est cependant raisonnable de présumer que tant que les Roms seront enlisés au pied de la hiérarchie socio-économique de l’Europe, les attaques racistes reprendront toujours à un moment ou à un autre.
Les Roms souhaitent faire partie de la société. Ils désirent améliorer la vie de leurs enfants et leur offrir une vie meilleure que la leur. Le manque d’éducation est le plus grand facteur qui maintient les Roms enfermés dans la pauvreté. 25 % environ de ce peuple et 33 % des femmes sont analphabètes. Une étude des Nations Unies montre que 66 % des Roms ne terminent pas leur scolarité, et que 40 % des enfants roms ne vont pas à l’école du tout. Et ceux qui y vont y restent en moyenne moitié moins longtemps que les enfants des peuples majoritaires de leur pays de résidence.
En outre, la plupart des enfants roms vont dans des écoles à part, de mauvaise qualité et victimes de ségrégation. A ce propos, peu ou pas de progrès notables ont été remarqué depuis que la Cour européenne des droits de l’Homme a rendu, il y a deux ans, un verdict inédit contre la ségrégation lors d’un procès contre la République tchèque par 18 enfants roms qui avaient été relégués dans des écoles pour déficients mentaux. A l’heure actuelle, nombre d'enfants roms à travers l'Europe centrale et orientale continuent d’être affectés dans de telles écoles, seulement parce qu’ils n’ont pas eu accès à une formation pré-scolaire ou sous prétexte qu’ils ne parlent pas la langue majoritaire du pays.
Il y a six ans, les organisations que nous présidons, l’Open Society Institute et la Banque mondiale – ont uni leurs forces pour créer le Fonds pour l’éducation des Roms. Ce fonds est un rare exemple de coopération public-privé, qui malgré les difficultés, avance dans sa quête pour contribuer à briser le carcan de l’indigence et la pauvreté d’éducation dont bien trop de Roms sont prisonniers.
L’objectif du Fonds est d’intégrer les Roms à l’éducation. Il s’attache à mettre en avant les Tsiganes qui sont des exemples positifs pour leurs enfants – professeurs, chefs communautaire ou politique, professionnels ou enfants roms qui ont été capables de montrer ce qu’ils pouvaient faire en cours. Grâce à ses programmes très efficaces, le Fonds offre ce dont les enfants – tous les enfants – ont besoin pour réussir à l’école.
Le programme du Fonds inclut des bourses pour les étudiants roms, des repas scolaires pour vaincre la faim qui empêche les enfants des foyers indigents d'aller à l'école, un soutien académique pour aider ceux dans le besoin à rattraper leurs camarades, et une formation à l'enseignement dans le but de créer de meilleurs établissements pour tous les enfants. Pour couronner le tout, le Fonds travaille en tandem avec les gouvernements pour les aider à dépasser les objectifs qu’ils se sont fixés.
Le Fonds a assisté quelque 156 000 enfants et jeunes adultes roms. Si le Fonds pour l’éducation des Roms bénéficie d’un soutien continu, ce chiffre pourra presque doubler au cours des cinq prochaines années. Les donateurs se rassembleront à Bruxelles en novembre lors d’une conférence qui pourrait avoir de considérables répercussions sur la portée du Fonds.
L’intégration des Roms nécessite des efforts durables, au-delà des frontières nationales. La récente poussée de violence raciste en Hongrie, Roumanie ou en Italie montre bien que l’Union européenne et les gouvernements doivent consacrer toute l’attention nécessaire à l’organisation et au déploiement de tels efforts. Ils devraient coordonner leurs efforts et apporter davantage de soutien pour scolariser les enfants tsiganes et leur permettre de rester assez longtemps à l’école pour faire la différence.
George Soros préside le Soros Fund Management et l'Open Society Institute. James D. Wolfensohn, ancien président de la Banque mondiale, est aujourd’hui président de Wolfensohn and Company.
Copyright: Project Syndicate, 2009.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais par Aude Fondard
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dolbydriver 06:52 02 Nov 09
I am agree , the education in the Roma community must improve , but is quite complicated . They was living always in poverty , and the education is going to be step by step , in generations maybe . If your parents can`t read for you is impossible to get a Ph.D ¿ no ?
And the romanian case from this article , is that the 2 students don`t kill the person because he was Roma . It was a prostitution pact , and the youngsters get scared and killed the man .