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Les Philippines entrent dans la course asiatique

MANILA – Mon père est arrivé en 1980 aux Etats-Unis pour y subir un pontage coronarien, conséquence des difficiles conditions de son emprisonnement infligé par la dictature de Ferdinand Marcos. La dictature lui avait offert un répit, mais, fidèle à elle-même, au gré de ses lubies. Ayant déjà été condamné par un tribunal de pacotille à la peine de mort par balle, mon père avait refusé de hisser le drapeau blanc. « Les Philippins, » insistait-il, « méritent que l’on meurt pour eux. »  

Trois années plus tard, mon père est rentré à la maison, non pour y mourir, mais pour infuser une nouvelle vie aux rangs démoralisés de l’opposition à la dictature. Son assassinat, perpétré dès son arrivée à l’aéroport de Manille, a été la preuve ultime de la sincérité dont il avait fait preuve tout au long de sa vie.