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Les inégalités tuent le capitalisme

LONDRES – On admet généralement que la crise de 2008-2009 a eu pour cause des prêts bancaires excessifs et que l'incapacité à se redresser suffisamment provient du refus des banques à prêter suite à leurs mauvais bilans.

Une thèse canonique très prisée par les adeptes de Friedrich von Hayek et par l'école autrichienne d'économie est la suivante : dans la période qui a précédé la crise, les banques ont prêté plus d'argent aux emprunteurs que ce que les épargnants n'auraient été disposés à prêter dans d'autres circonstances, grâce à l'argent excessivement bon marché fourni par les banques centrales, notamment par la Réserve Fédérale américaine. Les banques commerciales, approvisionnées en argent des banques centrales, ont des accordé des crédits à de nombreux projets d'investissement à risque, lors d'une explosion d'innovations financières (notamment celles des instruments dérivés) qui ont alimenté une frénésie de prêts.