Saturday, September 20, 2014
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Le credo de la croissance

CANBERRA-SÉOUL – Près de quatre ans après le début de la crise financière mondiale, l’économie globale est toujours fragile et le taux de chômage reste à un niveau inacceptable. Le monde compte quelques 200 millions de chômeurs, dont près de 75 millions de jeunes. La croissance est en berne dans de nombreux pays, les risques se multiplient et l’incertitude va croissant, en particulier en raison des récents événements en Europe. Seule une croissance rapide et durable peut endiguer la hausse des coûts humains liés à la stagnation économique.

Le défi pour le Sommet de G20 à Los Cabos, Mexique, qui se tiendra les 18 et 19 juin, sera de modifier la perception de l’opinion publique et de la faire passer du pessimisme et des inquiétudes concernant l’avenir à un état d’esprit optimiste quant à la croissance et à la stabilité. Nous devons agir résolument pour répondre aux incertitudes pesant sur l’économie mondiale et définir la voie vers une reprise durable et la création d’emplois.

Nous voyons deux éléments à une telle stratégie. Premièrement, l’Europe – la cause immédiate des préoccupations concernant l’économie mondiale – doit envoyer un message clair disant qu’elle prendra les mesures nécessaires pour stabiliser et renforcer ses banques et qu’elle mettra l’accent sur le retour de la croissance tout en s’engageant de manière crédible à poursuivre une consolidation budgétaire. Un facteur crucial pour rétablir la confiance en Europe est de parvenir à un accord sur une feuille de route pour la zone euro qui complémente son union monétaire par une union budgétaire et bancaire, comprenant une surveillance paneuropéenne et un système d’assurance des dépôts bancaires.

Il est essentiel que l’Europe agisse rapidement pour s’assurer que ses banques soient correctement capitalisées et pourvues d’un filet de sécurité. Nous nous félicitons à cet égard de la décision récemment prise par l’Espagne de demander une assistance financière à l’Union européenne pour recapitaliser ses banques. Des mesures décisives pour sauvegarder le secteur bancaire ne sont pas seulement nécessaires parce qu’elles réduisent une partie des risques qui inquiètent les marchés, mais aussi parce que des institutions financières saines sont nécessaires à la croissance économique.

Si l’Europe doit appliquer des plans crédibles de consolidation budgétaire pour rétablir la viabilité de la dette publique, elle doit également se doter d’une stratégie de croissance qui comprenne des politiques visant à encourager les investissements, à libéraliser les marchés de produits et de travail, à déréglementer les entreprises, à promouvoir la concurrence et à acquérir des compétences. Ces réformes, accompagnées d’une intégration institutionnelle plus poussée, seront difficiles à mettre en œuvre au plan politique et leurs avantages ne seront pas immédiatement apparents. Mais tracer une voie claire permettra de renforcer la confiance en la croissance et la coopération à long terme de l’Europe.

Nous ne sous-estimons pas l’ampleur des réformes entreprises par l’Union européenne ces dernières années. Depuis le sommet du G20 à Cannes en novembre dernier, l’Europe a par exemple augmenté son fonds de créances commun de 200 milliards d’euros, restructuré la dette grecque, pris des mesures pour renforcer les banques et la réglementation bancaire, établi des règles de discipline budgétaire et entrepris plusieurs réformes des marchés de produits et du travail.

Mais l’ampleur des défis auxquels l’Europe est confrontée nécessite de mettre en œuvre des réformes plus décisives encore. Nous ne doutons pas que les pays européens agiront de concert pour répondre à ces défis et nous continuerons à soutenir ces efforts, parce la croissance et la stabilité européennes sont importantes pour le reste du monde.

Deuxièmement, les pays membres du G20 devront eux aussi envoyer un message clair affirmant qu’ils suivent des politiques favorables à une croissance forte, durable et équilibrée. Pour être crédible, ce message devra être suivi d’actions : les membres du G20 doivent démontrer que leurs choix politiques encouragent la reprise économique et la création d’emploi et qu’ils s’engagent à honorer pleinement leurs obligations. Les chefs d’État et de gouvernement doivent également se prononcer sans équivoque contre le protectionnisme et en faveur de l’ouverture au commerce international et aux investissements étrangers.

Nous pensons en particulier qu’un accord international destiné à faciliter les échanges commerciaux serait un pas dans la bonne direction, parce qu’il réduirait les coûts des importations et des exportations et redonnerait une impulsion à la libéralisation du commerce mondial. Le G20 doit faire savoir à Los Cabos que la réforme du Fonds monétaire international se poursuit, que les pays membres donnent suite à leur promesse d’augmenter les ressources du FMI de plus de 430 milliards de dollars et que les quotes-parts et structure de gouvernance de l’institution reflètent l’évolution actuelle de l’influence exercée par les pays sur l’économie mondiale.

La croissance économique et la création d’emplois sont essentielles pour améliorer aujourd’hui les conditions de vie des populations et pour garantir la prospérité des générations futures. Les réformes nécessaires à cette fin ne sont pas simples et le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Mais le monde s’attend à ce que le G20 respecte ses engagements.

Traduit de l’anglais par Julia Gallin

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  1. CommentedDavid Joseph Deutch

    Global trade liberalisation should not be seen as an end in itself. Economies are not one stop fixes and, as such, we should be wary of providing shared diagnoses for different countries with differing economies.

    Post financial crisis, we should be moving away from liberalisation as the only prerequisite for a prosperous economy. Therefore, countries should only enter into these sorts of international agreements if they are malleable to differing social needs.

  2. CommentedGary Marshall

    Here is a solution to the Greek problem and poor growth in general. If anyone can find the flaw, I shall be more than happy to give him or her $50,000. I am just tired of doing this.

    ####

    The costs of borrowing for a nation to fund public expenditures, if it borrows solely from its resident citizens and in the nation's currency, is nil.

    Why? Because if, in adding a financial debt to a community, one adds an equivalent financial asset, the aggregate finances of the community will not in any way be altered. This is simple reasoning confirmed by simple arithmetic.

    The community is the source of the government's funds. The government taxes the community to pay for public services provided by the government.

    Cost of public services is $10 million.

    Scenario 1: The government taxes $10 million.

    Community finances: minus $10 million from community bank accounts for government expenditures.
    No community government debt, no community government IOU.

    Scenario 2: The government borrows $10 million from solely community lenders at a certain interest rate.

    Community finances: minus $10 million from community bank accounts for government expenditures.
    Community government debt: $10 million;
    Community government bond: $10 million.

    At x years in the future: the asset held by the community (lenders) will be $10 million + y interest. The deferred liability claimed against the community (taxpayers) will be $10 million + y interest.

    The value of all community government debts when combined with all community government IOUs or bonds is zero for the community. It is the same $0 combined worth whether the community pays its taxes immediately or never pays them at all.

    So if a community borrows from its own citizens to fund worthy public expenditures rather than taxes those citizens, it will not alter the aggregate finances of the community or the wealth of the community any more than taxation would have. Adding a financial debt and an equivalent financial asset to a community will cause the elimination of both when summed.

    Whatever financial benefit taxation possesses is nullified by the fact that borrowing instead of taxation places no greater financial burden on the community.

    However, the costs of Taxation are immense. By ridding the nation of Taxation and instituting borrowing to fund public expenditures, the nation will shed all those costs of Taxation for the negligible fee of borrowing in the financial markets and the administration of public debt.

    Regards,
    Gary Marshall

  3. CommentedTristan de Inés

    Maybe policies and discussions about the future of the world should begin to accomodate the question of how to achieve social stability and high living standards -without- perpetual growth as sustenance. All the discussions about economy seem to narrow down into questions of how to achieve ever more "growth" like it was some universal antidote to solving all our economic problems. However in a world of limited resources perpetual growth is impossible, and unless we start investing heavily into unconventional methods of resource procurement, the signs of the supply bottlenecks that are already beginning to show, will accumulate.

    Another factor to consider is how much more growth our planet is able to sustain, without inflicting irreparable and irreversible damage. A threshold that unfortunately, we seem to have crossed already some time ago.

    Finally, the last thing to keep in mind is that growth is worse than useless if it completely bypasses the populace to only benefit a tiny percentage of wealthy elites. A trend that has been accelerated by globalization and is reflected in the sad statistics of the ever widening income gaps across the world. This kind of growth that promotes inequality, poverty, corruption, exploitation of human lives and natural resources, leads down a self destructive path of social instability.
    Artificial indicators like the GNP and growth rates are worthless as a representation of a society's well-being if the distribution of the generated value is warped and disproportional.
    It appalls me that the article calls for more deregulation and liberalization when it was precisely the turbo capitalism with its lack of regulations and checks that lead to the financial crisis in the first place.

    The fixation on growth is becoming a tiresome, uninspired, and increasingly aloof and obsolete way of approaching the social and economic challenges of the 21st century. And the economic problems we are experiencing right now were not caused by excessive regulations, but by the concentration of wealth and power on irresponsible and corrupt actors.

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