Thursday, November 27, 2014
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Respectons le droit maritime international

TOKYO – Le Japon est en meilleure position que jamais pour jouer un rôle important et proactif afin de garantir la paix en Asie et dans le reste du monde. Nous bénéficions du soutien explicite et enthousiaste de nos alliés et de nos pays amis, dont l'ensemble des pays membres de l'ASEAN, les USA, l'Australie, l'Inde, le Royaume-Uni et la France. Tous savent que le Japon est résolument en faveur du respect du droit - pour l'Asie et pour tous les peuples.

Nous ne sommes pas seuls. Dans la plupart des pays de la zone Asie-Pacifique, la croissance économique favorise la liberté d'expression et de religion, ainsi que des systèmes politiques de plus en plus réactifs, avec des dirigeants responsables devant les citoyens. Même si le rythme de cette évolution varie d'un pays à l'autre, l'idée de l'Etat de droit a pris racine. Autrement dit, les dirigeants politiques de la région doivent veiller au respect du droit international.

C'est dans le domaine du droit maritime que ce besoin est le plus clair. En l'espace d'une seule génération, la région Asie-Pacifique est parvenue à un taux de croissance considérable. Malheureusement, une part importante, disproportionnée, des fruits de cette croissance sert à l'expansion militaire. Ce ne sont pas seulement la menace des armes de destruction massive qui génèrent l'instabilité, mais aussi, et plus immédiatement, une politique destinée à modifier le statu quo territorial par la force ou la coercition. Or c'est essentiellement la mer qui sert de théâtre à cette politique.

Récemment le président américain Obama et moi avons réaffirmé conjointement l'alliance de nos deux pays en tant que pierre angulaire de la paix et de la sécurité régionale. Par ailleurs, les USA et le Japon renforcent leur coopération trilatérale avec des partenaires qui partagent leur point de vue, de manière à favoriser la paix et la prospérité économique au plan régional et plus largement, mondial. Le Premier ministre australien Tony Abbott et moi avons déjà convenu que c'est exactement la voie à suivre.

L'histoire du droit maritime international est ancienne, puisqu'elle remonte à la Grèce antique. A l'époque des Romains, les mers étaient ouvertes à tous - la mainmise sur un territoire maritime ou son partitionnement étaient alors interdits. Depuis que l'homme a commencé à explorer la planète, un grand nombre de personnes traversent les mers pour une myriade de raisons, et le commerce maritime relie entre elles les régions du monde. La liberté en haute mer est devenue un principe fondateur de la prospérité.

Aucun pays ou aucun groupe en particulier n'est à l'origine du droit maritime international tel qu'il existe aujourd'hui. Il est le produit de la sagesse collective de l'humanité, cultivée au cours d'un très grand nombre d'années dans l'intérêt de tous. Aujourd'hui, toute une partie du bien-être de l'humanité dépend du fait que les mers, de l'Océan Pacifique à l'Océan indien, restent ouvertes à tous.

Que cela signifie-t-il précisément ? Si nous traduisons l'esprit qui a présidé à l'élaboration du droit international sous la forme de trois principes, le droit de la mer est alors simple affaire de bon sens :

- Les exigences et les demandes des Etats doivent reposer sur le droit international.

- Aucun Etat ne doit recourir à la force ou à la coercition pour parvenir à ses objectifs.

- Les Etats doivent résoudre leurs désaccords de manière pacifique.

Il faut insister sur ces trois principes simples et évidents, car tous les Etats de la région Asie-Pacifique doivent les respecter rigoureusement. Ainsi les dirigeants de l'Indonésie et des Philippines sont parvenus de manière pacifique à un accord sur la délimitation de leurs zones économiques exclusives qui se chevauchaient. Mon gouvernement soutient fermement la demande des Philippines qui appellent à une résolution des conflits territoriaux en mer de Chine méridionale qui soit entièrement conforme aux trois principes du droit maritime international ; et il soutient de même la tentative du Vietnam visant à résoudre ses conflits territoriaux par le dialogue.

Plutôt que d'essayer de modifier le statu quo par une succession de faits accomplis, les Etats de la région devraient s'engager clairement à revenir à la lettre et à l'esprit de la Déclaration de 2002 sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale, signée par toutes les parties concernées. Dans le monde d'aujourd'hui, il ne faut pas qu'un pays ait à craindre de voir la coercition et les menaces l'emporter sur le respect du droit. J'espère avec force que les pays membres de l'ASEAN et la Chine se mettront rapidement d'accord sur un code de conduite efficace en mer de Chine méridionale.

En 2007, durant mon premier mandat à la tête du gouvernement, le Premier ministre chinois de l'époque, Wen Jiabao, et moi-même avons fait une déclaration commune dans laquelle nous nous engagions à créer un mécanisme de communications maritimes et aériennes pour éviter qu'un incident imprévisible entraîne une tension ou un dérapage entre nos deux pays. Malheureusement, cet engagement ne s'est pas traduit dans la réalité.

Nous déplorons aussi que des avions de combats se rapprochent parfois dangereusement de  bateaux en mer. Car ce sont des paroles que le Japon et la Chine doivent échanger. Ne devrions-nous pas nous rencontrer à la table de négociation, échanger sourires et poignées de main et entamer un dialogue ?

Je crois que revenir à la déclaration commune de 2007 permettrait de faire avancer la cause de la paix et de la stabilité dans toute la région. Mais je sais aussi que la sécurité à long terme nécessitera de nombreux accords, chacun d'importance cruciale pour assurer la liberté et la prospérité dans toute la région.

Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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    1. Commentedslightly optimistic

      International law?
      Former US secretary of state Henry Kissinger [remember the Nixon shock in 1971] made some dismissive comments about this in his book 'Diplomacy': "Empires have no interest in operating within an international system; they aspire to be the international system. Empires have no need for a balance of power. That is how the United States has conducted its foreign policy in the Americas, and China through most of its history in Asia."

    2. CommentedJeff GE

      China does not have a long history for rule of law. Some may even question if China has a system of rule of law now. So on the issue of securing the rule of law, those countries who have a long history of rule of law (or least make such a claim) should set an example of rule of law for other countries to follow and not use the rule of law as tool for their own gains.

    3. Commentedslightly optimistic

      Re the UN Law of the Sea, the US is not the only country refusing to surrender its sovereignty on property rights. Beijing has signed the treaty but then effectively unsigned it. In 2010 China's foreign minister insisted that the South China Sea is a "core national interest," adding: "China is a big country and other countries are small countries, and that is just a fact."

    4. CommentedJeff GE

      To secure the rule of law at sea, the prime minister should persuade US to ratify UN Law of the Sea Convention first. After that, he may claim that Japan enjoys the explicit and enthusiastic support from US.
      Second, Japan should stop commercial whaling in waters claimed by other countries. After that, the prime minister may claim that "Japan stands for the rule of law -- for Asia and for all people".

      As for dangerous encounters by fighter aircraft and vessels at sea, well, it takes two to tango.

      The prime minister either overestimated his intelligence or underestimated the intelligence of others by double-talking the issue of rule of law.

    5. CommentedYoshimichi Moriyama

      The United States, Australia and Japan should give a variety of aid such as perosonnel training, aircraft, vessels to Vietnam, the Philippines, Malyasia and the like so that they will be better equipped for maritime and aerial patrolling and law-enforcement.

      I support Abe, though not with carte blanche. He should refrain from doing or uttering things that might be interpreted overseas as remilitarizing attempts. Instead, he should explain to the overseas audience how his security policy is in resonance with, and approved and encouraged by South East Asian countries and how Japanese secutity and foreign affairs experts are frequently meeting and talking with their counterparts from Washington, Canberra, Manila and so on.

    6. Commentedj. von Hettlingen

      Prime Minister Abe writes: "Japan is in a better position than ever before to play a larger and more proactive role in ensuring peace in Asia and the world". Indeed he has China's rise and America's pivot to Asia to thank for it. It's unclear how much "explicit and enthusiastic support" Japan enjoys of its "allies and other friendly countries". Nevertheless it offers these countries its support in their territorial disputes with China. In most cases "Japan stands for the rule of law. Whether it also stands "for Asia and for all people", is polemic.
      It is true that many Asian countries are seeing economic growth. Hence it is important to enforce a legal framework to secure "regional peace and security". In this essay, Mr. Abe is appealing to "all governments in Asia and the Pacific" to respect international maritime law. China is a member of the International Martime Organisation and should uphold the martime treaty. In recent months its unilateral actions and gunboat diplomacy in South China Sea have made big waves. China's territorial claims are seen as questionable and it has been accused by the contesting parties of violating international maritime law.
      Mr. Abe has not accused China of violating maritime law in this essay, he is perhaps aware of the saying: "People who live in glass houses shouldn't throw stones. Japan's whaling industry is also a contentious issue and Japanese whalers have often violated international maritime law, by hunting and killing whales in territorial waters, claimed by Australia and New Zealand. Greence Peace had disrupted a Japanese whaling fleet in the Antarctica in 2008. Its more radical peer, the Sea Shepherd Conservation Society had been allegedly attacked by Japanese whalers last February in the Southern Ocean.
      Although whale hunting is part of what Japan calls a scientific research programme, permitted under a clause in International Whaling Commission rules, the same research goals could be achieved using non-lethal methods. This programme is said to be a front for commercial whaling, as every year hundreds of minke and fin whales are being killed.
      It is a pity that the relationship between China and Japan is so frayed that they can not implement "an agreement" signed in 2007, which would "create a maritime and air communication mechanism in order to prevent unforeseen incidents" resulting from "tensions and miscalculation".

    7. Commentedhari naidu

      If I read the tea leaves of Abe’s containment theory of China, in the Sea Lanes of Asia-Pacific region, I’ve a feeling he’s forgotten or misunderstood that Pivot to Asia actually means Pivot to China – for Obama. US will not take sides on the disputed territories in South China Sea. But, for Obama, the ultimate political/legal constraint remains US Senate opposition or lack of ratification of UN Law of the Sea Convention (10 December 1982). 165 countries have, so far, singed the UN Convention. Official rhetoric alone will not suffice against China, as Hagel recently did in Asia. Defense Dept is not the right party to deal with territorial conflict in South China Sea. Only State Dept is capable of dealing with it; however under GWB a lot of these subject matters were transferred to Defense….



      Fact is that Abe’s Japan (along with Germany) is the largest trading partner of PRC. China knows that Japan can’t afford to misjudge the importance of its market to Tokyo. Neither does Japan have the naval military power to challenge China in South China Sea. So this sabre rattling by Abe is for what purpose? You don’t negotiate with Beijing by accusing it of maritime aggression. In other words, China demands Tokyo to stop its political propaganda – eg. visiting the (Fascist) Shrine – and admitting its historical mistakes as an occupation imperial power on mainland China. This seems to be the Chinese precondition; and then the political and diplomatic process can start.

    8. Commentedslightly optimistic

      Ownership of property is a touchy subject. The refusal of countries to OK an international tribunal with power to enforce its judgments means continuing friction over the hundreds of territorial disputes around the world - including resource entitled areas like Ukraine, China seas and the Arctic.
      The US, among many, is unwilling to sign the UN's Law of the Sea Treaty; surrendering any sovereignty to the United Nations is something it wrestles with.

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