Economics and Justice
Pour venir à bout de la corruption
Jeffrey D. Sachs
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La corruption mine la qualité de la vie des gens dans le monde entier, et pas seulement dans les pays pauvres. Les USA connaissent actuellement plusieurs scandales liés à la corruption. Même l'Agence fédérale chargée d'intervenir en cas de catastrophe naturelle ou d'origine homme, était dirigé par des affidés politiques incompétents et non par des professionnels. Quand le cyclone Katrina a frappé la Louisiane, cette incompétence a eu des conséquences fatales.
Toute société a besoin d'un gouvernement efficace qui assume la responsabilité de services publics et des infrastructures vitales. C'est pourquoi les gouvernements sont investis de pouvoirs qui leurs sont propres, notamment dans le domaine du maintien de l'ordre et de la justice. Mais il est facile d'abuser de ces pouvoirs. Comment avoir des gouvernements tout à la fois respectueux de la loi et suffisamment forts ?
Tant en théorie qu'en pratique, la meilleure solution consiste à trouver un système qui oblige les gouvernements à rendre des comptes à leur peuple. Les élections sont l'un de ces moyens, bien que le financement des campagnes électorales puisse lui-même être source de corruption. Partout, les politiciens échangent des faveurs contre l'argent qui leur est nécessaire pour remporter les élections, et ils utilisent souvent cet argent pour acheter les voix des populations misérables.
Une réglementation électorale et des procédures claires vont dans le sens de la transparence, mais entre deux élections, c'est à la société au sens large d'exercer un contrôle. Les chaînes de télévision, les radios et les journaux indépendants, de même que les églises, les organisations professionnelles et d'autres groupes à l'intérieur de la société civile constituent un rempart contre le despotisme.
Dans les pays pauvres, où l'analphabétisme est élevé, les plus démunis sont manipulés par des gouvernements qui échappent à un véritable contrôle par la société civile, du fait de l'insuffisance d'un contre-pouvoir exercé par les médias ou les organisations professionnelles. Ils sont généralement profondément despotiques et corrompus, non parce que les pauvres seraient indifférents à une bonne gouvernance - bien au contraire, leur vie même en dépend - mais parce qu'ils ne disposent pas de moyens de pression sur le gouvernement pour l'obliger à se discipliner et à respecter la loi.
Il en résulte un cercle vicieux dans lequel la pauvreté entraîne la mauvaise gouvernance, qui elle-même génère la pauvreté. Cela peut déboucher sur un dénuement extrême qui empêche le gouvernement de fonctionner honnêtement, même s'il le voulait, par manque d'ordinateurs, de téléphones, de systèmes d'information et de fonctionnaires expérimentés. Au final, cela peut aboutir au chaos, comme on a pu le voir au Libéria, en Sierra Leone ou en Somalie.
Transparency International, une organisation qui se consacre à renforcer la société civile dans le combat contre la corruption, fournit un indicateur de la qualité de la gouvernance dans plus de 150 pays. Elle établit un classement annuel de la "perception de la corruption" de ces divers pays.
En 2005, l'Islande est arrivée en tête, comme le pays apparaissant le moins corrompu, suivi par les pays scandinaves, la Nouvelle Zélande et Singapour pas loin derrière. Les USA sont en 17° position, ce qui n'est pas très glorieux pour la première puissance mondiale. Ce sont les pays les plus pauvres qui se retrouvent aux dernières places, occupées par le Tchad et le Bangladesh.
Un peu d'analyse statistique révèle quelques caractéristiques importantes. Premièrement, les pays d'Afrique sub-saharienne sont en moyenne moins corrompus que ceux qui ont des revenus équivalents dans le reste du monde. Ainsi, le Burkina Faso, le Ghana et le Rwanda sont bien mieux classés que le Bangladesh, l'Indonésie, le Pakistan ou le Vietnam. Pourtant l'économie des pays asiatiques a considérablement progressé au cours de la dernière génération. Ce n'est donc pas la corruption à elle seule qui explique le retard de l'Afrique. Les difficultés de l'Afrique s'expliquent aussi par les sécheresses, le paludisme, le sida et le manque d'infrastructure.
Les pays pauvres parviennent à limiter la corruption quand les droits civils sont protégés. La liberté de réunion et d'expression donnent non seulement à la société un espace de discussion élargi, mais permettent aussi de réduire la corruption en son sein. Il n'est pas étonnant de constater que les régimes corrompus s'attaquent à la liberté de la presse et étouffent toute association professionnelle ou syndicat indépendant. En Afrique, les pays les moins corrompus comme le Ghana protègent bien mieux les libertés publiques que des pays plus corrompus comme le Tchad ou l'Ethiopie qui sont encore plus pauvres.
Ces données montrent également que la corruption est plus élevée parmi les pays producteurs de pétrole ou de gaz. En général, les ressources naturelles comme le pétrole, le gaz, le diamant et d'autres minerais précieux génèrent la corruption, parce que les gouvernements ne peuvent toucher les bénéfices de leurs exportations qu'en faisant des "compromis" au sein même de leur société. Les ressources naturelles ne sont donc pas seulement une cible pour la corruption, mais aussi le moyen de se maintenir au pouvoir. Plusieurs compagnies étrangères déterminées à faire des bénéfices, alimentent ce système par des pots de vin et la recherche de protections politiques.
Les conséquences en ce qui concerne le combat contre la corruption sont claires. La lutte contre le despotisme politique et la corruption passe par le renforcement des libertés publiques - grâce à des moyens juridiques et au développement économique à long terme - et par l'établissement de règles claires pour que chacun ait à rendre des comptes. Il faut donc être intransigeant sur la défense de nos libertés publiques.
Les pays riches devraient aider davantage les pays pauvres comme ceux d'Afrique sub-saharienne à échapper à la misère. Mais cette aide doit être ciblée sur des objectifs précis - par exemple la lutte contre le paludisme, la production alimentaire, l'accès à l'eau potable ou l'amélioration des conditions sanitaires - dont les résultats peuvent être mesurés et contrôlés pour résister à la corruption. En élevant le niveau de vie de la population, on contribue à renforcer la société civile et les gouvernements pauvres dans leur défense de l'état de droit.
Jeffrey D. Sachs est professeur d'économie et directeur de l’institut de la Terre à l'université de Columbia à New-York.
Copyright: Project Syndicate, 2005.
www.project-syndicate.org
Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz
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Siddharthamithu 08:23 03 Apr 11
Most of the communities in India (such as Bengali), are succumbed in 'Culture of Poverty'(a theory introduced by an American anthropologist Oscar Lewis), irrespective of class or economic strata, lives in pavement or apartment. Nobody is at all ashamed of the deep-rooted corruption, decaying general quality of life, worst Politico-administrative system, weak mother language, continuous absorption of common space (mental as well as physical, both). We are becoming fathers & mothers only by self-procreation, mindlessly & blindfold. Simply depriving their(the children) fundamental rights of a decent, caring society, fearless & dignified living. Do not ever look for any other positive alternative behaviour (values) to perform human way of parenthood, i.e. deliberately co-parenting of those children those are born out of ignorance, real poverty. All of us are being driven only by the very animal instinct. If the Bengali people ever be able to bring that genuine freedom (from vicious cycle of 'poverty') in their own life/attitude, involve themselves in 'Production of Space’(Henri Lefebvre), at least initiate a movement by heart, decent & dedicated Politics will definitely come up.
- Siddhartha Bandyopadhyay, 16/4, Girish Banerjee Lane, Howrah-711101, India.