Tuesday, November 25, 2014
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Le Conseil de sécurité doit être réformé

Le fait que les opérations militaires unilatérales fondées exclusivement sur la force sont aujourd'hui inacceptables marque les progrès réalisés par l'humanité. Mais une idéologie de paix largement répandue ne signifie pas que les menaces sur la sécurité ont disparu. Une action préventive peut parfois se révéler nécessaire. Ainsi, beaucoup de vies auraient été épargnées en Afrique si à diverses occasions la communauté internationale avait pu réagir rapidement et énergiquement. Les événements en Irak montrent aussi que la question clé pour la sécurité dans le monde est véritablement la relation entre les grandes puissances et le Conseil de sécurité de l'ONU.

La nécessité d'un Conseil de sécurité efficace traduit la principale conviction stratégique de l'après-Guerre froide : les menaces qui pèsent sur la sécurité ne sont probablement plus celles d'une guerre entre Etats mais le terrorisme, la guerre civile et le massacre de populations civiles. Ces menaces sont souvent liées au désordre économique et à des échecs fondamentaux dans les gouvernances nationales. Une action militaire internationale est alors souvent nécessaire pour y faire face. Mais la légitimité d'une action militaire internationale qui va au-delà d'un acte d'autodéfense immédiat suppose un large consensus international, car l'action sans la légitimité est condamnée à échouer.

Aussi la communauté internationale doit-elle reconnaître la nécessité d'un lien structurel entre toute action de ce type et l'ONU ; les missions de maintien de la paix et la prévention des crises font partie de ses fonctions reconnues. Mais un large soutien international risque de se faire attendre si une opération militaire est perçue comme une forme de néo-impérialisme occidental. Ce dernier élément est au cœur du problème en Irak. Le renforcement des troupes britanniques et américaines par d'autres forces occidentales, surtout à l'étape avancée où nous en sommes, ne changera pas la manière dont cette intervention est perçue dans le monde arabe comme au-delà.

A l'exception de situations claires de légitime défense, la légitimité voulue et le soutien international requis pour lancer une action militaire ne peut venir que d'une approbation explicite par un Conseil de sécurité réformé. C'est vrai pour les actions envisagées tant par une nation que par une alliance momentanée ou plus permanente comme l'OTAN.

Pour que le Conseil de sécurité puisse exercer une gouvernance efficace dans le domaine de la sécurité mondiale, il doit être réformé de manière à traduire les réalités du 21° siècle. Dans le système actuel, le droit de veto - accordé en fonction de ce qu'était l'équilibre des forces au lendemain de la Deuxième guerre mondiale - décide de ce qui est faisable sans tenir compte de l'opinion du reste du monde. Il doit être remplacé par un système de pondération des voix avec une représentation de la totalité de la communauté internationale. Le nouveau système devra naturellement refléter non seulement la démographie de chaque pays, mais aussi ses capacités économiques et militaires. Le degré de "légitimité interne" de chaque gouvernement en termes de respect des droits de l'homme et de démocratie pourrait aussi intervenir dans la pondération des voix.

Des pays tels que l'Inde ou le Japon doivent avoir un poids important. L'Amérique latine, l'Afrique et le monde arabe doivent aussi voir leur influence s'accroître. Toute la communauté mondiale devrait participer de manière permanente au Conseil de sécurité grâce à une représentation régionale, mais le nombre de siège au sein du Conseil devrait rester aux alentours de 15 pour permettre des débats constructifs et un minimum de cohésion.

C'est seulement dans le cadre de Nations unies ainsi rénovées que l'OTAN et d'autres alliances militaires peuvent espérer acquérir légitimité et efficacité . Dans l'idéal, l'OTAN et d'autres organisations de sécurité au niveau régional qui pourraient être créées en Amérique latine, en Asie et en Afrique fourniraient des troupes pour des opérations militaires patronnées par l'ONU et agiraient sous sa direction explicite.

Le groupe de travail de haut niveau sur les menaces à la sécurité internationale et la réforme du système international constitué par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, considère les différentes options possibles. Une réforme en profondeur sera difficile à réaliser et certains la tiennent même pour impossible. Mais il faut faire preuve d'audace pour échapper aux contraintes du passé et répondre aux défis du temps présent si nous voulons éviter des catastrophes et établir sur la planète un climat de paix et de sécurité durable.

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    1. CommentedEdward Ponderer

      Indeed, the UN needs reforming, but I fear that Mr. Dervis does not provide the complete picture. The essential problem is that the UN does not function as united nations, but as a political chess game of governments. Peoples are not necessarily represented by governments, and as such, simply reflecting the "size" of populations as a factor tastes somewhat like the 1787 "3/5 Compromise" in the United States. Here a slave was considered as 3/5 of a man regarding representation in the House of Representatives -- as if the slaves actually somewhat voted for, or were considered as anything more than work animals, by "their" congressman.

      One has only to look at the continuing circus made of human rights in the UN. [Remember the Kaddafi Human rights award instituted in the midst of his butchery of his own population.]

      But there are the great scientific advancements. When the Green Movements of the West want condemnation of global warming, and the East and developing countries don't want carbon-footprint interference with their industry, what's a UN-payroll researcher to do? Come up with a report that global warming is indeed a real threat! -- but that sadly, it is too late to do anything about it. ...

      This is not to say that the unholy alliance between politicians, the media, and powerful financial interests in the West allow for truly democratic representation either.

      But in the reality that the UN is not seriously reforming at the moment, we go back to the reality of what the UN can somewhat do -- play out wars in a peaceful manner, a game with fewer physical casualties and destruction of property. Might still makes right in this game, and this means the economic and military strength of the players. -- Per Stalin, "How many divisions does the Pope of Rome have?"

      How long can this situation really last though? In a rapidly globalizing world, not long. Dictators, terrorists, and corrupt financial interests will soon realize the personal consequences of not peacefully moving towards integral education, global mutual responsibility, and allowing true human interests rather than archaic hatreds, power lust, and greed to rule the day. Then there will be true reform.

      There are wise ones like Gorbachev, and fools like the late great Qaddafi. But sooner or later, all will learn -- when occupy movements grow and the ever-chaotic "Arab Springs" continues to tumble countries over and over again from dictators to terrorist brotherhoods and back again.

      For the meantime, its pragmatic business as usual. The West will do what it wants, the East will do what it wants, and the dictators, terrorists, and banks will all play their games -- particularly on the plush gaming table of the UN.

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