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The Frontiers of Growth

Un avenir pour la croissance ?

Michael Spence

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2009-06-16

MILAN – A quoi pouvons-nous nous attendre à l’heure où l’économie mondiale sort de sa récession la plus grave depuis près d’un siècle ? Tout simplement à une « nouvelle normalité » assortie d’une croissance plus lente, à un système financier fondamentalement plus stable comportant moins de risques, et à un ensemble de défis supplémentaires (énergie, climat et déséquilibres démographiques, pour n’en citer que trois) à échéances variées, qui mettront à l’épreuve notre capacité collective à améliorer la gestion et le contrôle de l’économie mondiale.

A moyen terme, la meilleure conjecture est une croissance plus faible. C’est ce qu’il y a de plus plausible, mais qui peut en être sûr ? La crise financière, qui se transforme rapidement en une récession économique mondiale, découle non seulement de l’incapacité à réagir à une instabilité, à des risques et à des déséquilibres croissants, mais aussi de l’incapacité généralisée avant la crise à « voir » le risque systémique s’intensifier.

Ces grandes caractéristiques détermineront les solutions et les résultats dans les années à venir. Il existe des forces compensatoires. Les pays à forte croissance (la Chine et l’Inde) sont vastes et le deviennent de plus en plus par rapport aux autres pays. Ce seul facteur tendra à élever la croissance mondiale en comparaison à celle d’un monde où les pays industriels, les Etats-Unis en particulier, étaient aux commandes.

On en est venu à qualifier la crise actuelle de « récession bilancielle » (balance-sheet recession) de portée mondiale, d’immense intensité et de puissance destructrice, qui trouve son origine dans les bilans des secteurs financiers et ménagers. Ce qui la caractérise, c’est la destruction extrême des bilans. A l’avenir, les banques centrales et les organismes de contrôle ne pourront se permettre de privilégier l’inflation (biens et services), la croissance et l’emploi (économie réelle) tout en laissant la partie bilan se débrouiller seule. A un point ou à un autre du système, il faudra bien déterminer et prendre au sérieux l’obligation de rendre des comptes, pour permettre la stabilité et la durabilité en matière d’évaluation des actifs, d’effet de levier et de bilans.

Il importe que la re-réglementation financière mette l’accent sur les conditions relatives au capital, aux réserves et aux marges pour réduire l’intensification des risques systémiques en limitant l’effet de levier, supprimer une couverture de réglementation et un arbitrage fragmentés et incomplets (gageure au niveau international), et privilégier la transparence. Il semble également possible d’isoler et de limiter davantage un pan du système bancaire, pour que les voies d’intermédiation du crédit soient moins susceptibles d’effondrement total et simultané.

Par rapport à ces dernières années, le coût du capital augmentera, la dette sera plus coûteuse et moins omniprésente, et les répartitions des risques ne reviendront pas aux niveaux compressés d’avant-crise. Les bulles financières ne disparaîtront pas, mais il est moins probable qu’elles soient turbocompressées par l’effet de levier.

Les consommateurs américains épargneront plus et dépenseront moins, à l’inverse des dernières années. Le gouffre (de l’ordre de 700 milliards ou plus) de la demande globale devra être comblé au fil des ans par une augmentation compensatoire de la consommation dans les économies excédentaires, telles que la Chine et le Japon. Plus cela prendra de temps, plus les mesures d’incitation seront importantes au niveau national pour s’emparer d’une partie de la demande globale par le biais de mesures protectionnistes.

L’intensification récente des mesures protectionnistes est le tribut politique, qui peut se comprendre, pour un ensemble de mesures d’incitation dans les pays avancés et en développement. Or, ce type de mesures risque de s’intensifier dans le contexte d’une insuffisance de demande globale, et sera donc plus difficile à supprimer progressivement.

Il s’agit d’une version prospective du problème du déséquilibre mondial, dont la résolution (ou la non résolution) via une action politique coordonnée aura un impact considérable (positif ou négatif) sur la structure multinationale d’incitation qui encercle l’économie mondiale – donc sur sa croissance éventuelle.

La responsabilité de surveiller l’économie mondiale passe rapidement du G7/G8 au G20, comme elle le devrait. Ce dernier représentant 90 % du PIB mondial et deux tiers de la population mondiale, ce changement est fort souhaitable et, en fait, essentiel.

Toutefois, il y a un risque que les intérêts du tiers restant de la population mondiale (et la majorité des petits pays) ne soient pas représentés comme il se doit à l’heure où évolue l’architecture internationale de maîtrise de l’économie mondiale.

Dans la crise actuelle, une partie non négligeable des pays hors G20 est fondamentalement sans défense : petites économies relativement pauvres, pas de capacité budgétaire pour stimuler l’économie nationale et des réserves inadaptées pour compenser les sorties de capitaux qui servent à étayer les bilans endommagés des marchés avancés. Dans les pays du G20, il existe des mécanismes en faveur des intérêts des citoyens les plus vulnérables. A l’échelle de l’économie mondiale, les entités les plus vulnérables sont des pays entiers. Le manque d’attention que l’on porte à leurs intérêts n’est pas simplement une question morale, mais une bombe à retardement sociale et économique.

Il importe donc que les institutions économiques internationales soient renforcées sur le plan de la gouvernance et des ressources, pour pouvoir jouer le rôle de disjoncteur dans l’éventualité de turbulences économiques et financières. Au début de la crise, le Fonds monétaire international ne disposait pas de moyens suffisants ; aujourd’hui, crédibilité et confiance lui font toujours défaut dans certaines régions importantes pour le système. Le FMI disposera bientôt de fonds suffisants, alors que nous traversons depuis huit mois une crise où les mouvements de capitaux internationaux deviennent volatiles et sont largement motivés par des réactions d’urgence plutôt que par des principes économiques sous-jacents.

La question essentielle de confiance dans le système continue donc de se poser – confiance qui a été sérieusement entamée et dont la reconstruction prendra du temps. Pour le moment, le point de vue dominant dans la plupart des pays est que le système financier a lamentablement échoué, mais que les mesures d’incitation et la dynamique d’un système plus vaste fondé sur le marché, dans une architecture relativement ouverte, restent les meilleures moyens d’améliorer la santé, de réduire la pauvreté et d’élargir les possibilités. Mais comme on peut s’y attendre, il existe des dissidences, qui pourraient vite bouleverser l’équilibre. Il n’est pas exclu que le bébé finisse par être jeté avec l’eau du bain.

Il n’y a pas de solution miracle à la crise d’aujourd’hui. La meilleure voie à suivre est celle de progrès concrets et constants aux niveaux national et international en vue d’améliorer la structure de réglementation et de renforcer notre capacité collective à éviter les attitudes non coopératives et les équilibres sub-optimaux. C’est la voie que nous suivons mais, pour l’heure, sans point d’arrivée clairement défini ni accepté par tous.

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tvselvakumaran 03:31 30 Jun 09

"The new normal of lower growth" is the current baseline scenario, for the world economy, that is being projected by the bond-traders on Wall Street. It appears that the bond-traders are looking to rationalize the reasons as to why debt is trading on such low yields these days. Hence, they have been instrumental in conducting debates in the media, on the consequences of the current economic crisis for the medium-term growth of the world economy. Incidentally, this is the same topic that is addressed by Professor Michael Spence in his latest article, "Does Growth Have a Future?" on Project Syndicate. I suppose that the bond-traders' answer to Professor Spence's question is a firm "no", and moreover, these traders would like the general public to adjust its expectations for growth to this so-called "new normal".

However, coming from a renowned economist like Professor Spence, the question needs more careful analysis. As a result, I take it to mean, "Does Growth Theory Have a Future?" As such, Professor Spence takes a broader view on economic growth than bond-traders would, for he says in his article, "At the moment, the majority view in most countries is that the financial system failed badly, but that the incentives and dynamics of the broader market-based system in a relatively open global architecture remain the best avenues for wealth creation, poverty reduction, and the expansion of opportunity".

Does the theoretical study of economic growth promise to shed light on the path the world economy is going to take in the coming years? Would the tools and techniques that this topic of study employs, help economists to anticipate growth opportunities and prepare for them? Or would the world economy muddle along without any clear policy guidelines, unable "to avoid non-cooperative behavior and suboptimal equilibria"? Or perhaps should policy-makers abandon their focus on economic growth, and instead, promote social policies -- like income equality, health, sanitation, education and environmental preservation?

Such questions on economic growth can be profitably addressed, based on the concepts that I had elaborated in my recent article "A New Perspective on the Global Economic Crisis". The main argument to use for this purpose is that in different parts of the world, the underlying foundations for the prospects of growth are of varying durability. That is, the propects for economic growth that the emerging market economies are enjoying come with secure foundations provided by a theoretical framework that has been in development for over a millenium. Whereas, the growth that advanced economies can expect would depend on relatively new and recent developments in economic theory, whose durability remains suspect. On the other hand, the predicament of the poor countries shows that securely founded economic theory alone could not guarantee sustained economic growth.

The focus on durability that I propose is in contrast to the concerns of investment managers who treat all assets uniformly under the risk-reward framework of modern portfolio theory. Their view treats asset classes as differing only in their risk-reward profiles, without any implications for systemic risk. No particular significance is attached to the transience or permanence of economic wealth, as the case may be. Whereas, with the durability approach, it is possible to study the requirements for generating growth in the advanced economies, which are markedly different from the requirements in the developing economies. Taken together with this durability approach, the new perspective on global economic crisis that I had proposed in my recent article, opens up much better prospects for world-wide economic growth, in the medium-term, than those indicated by the "new normal" predictions of the bond-traders.

At present, it is not possible for me to develop such a wide-ranging theoretical frame-work as is plainly required before one can discuss, in a clear and transparent manner, the issues concerning world-wide economic growth. However, if I receive an offer of full-time employment for exploring the prospects for economic growth, then I would be sure to take it up.



AUTHOR INFO

Michael Spence is the 2001 Nobel Laureate in Economics, and Professor Emeritus, Stanford University. He chairs the Commission on Growth and Development.