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Palestine: Défier le Désespoir

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2009-04-17

SINGAPORE – Le monde, cette année, va sombrer dans le pessimisme le plus noir et le plus résigné. Stagnation des économies, chute de gouvernements et fermeture d’entreprises. Mais de toutes ces menaces, la pire est encore le désespoir. Pour conjurer cette menace, il faudrait parvenir à la résolution de certains des problèmes les plus pesants et en apparence les plus inextricables. La conclusion du cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha, par exemple. Mais bien plus décisive, la résolution du conflit israélo-palestinien.

Pour beaucoup de gens dans le monde, surtout en Occident, ce conflit est une impasse indépassable. Depuis les fameux accords d’Oslo de 1993, plusieurs tentatives ont été amorcées. Toutes ont échoué. Mais peu de gens ont remarqué l’apparition d’une imprévisible constellation de forces, créant les conditions optimales d’une solution. Les opportunités géopolitiques sont rares. Laisser passer celle-ci serait tragique.

Tout d’abord, il y a unanimité, quasi générale semble-t-il, sur le fait que la solution passe forcément par le protocole de Taba, conçu par le président Bill Clinton en janvier 2001. Des diplomates palestiniens m’ont dit pouvoir en accepter le contenu.

Autre unanimité quasi générale, mais non moins importante, celle de tous les Etats arabes ou presque aujourd’hui, sur le sentiment qu’un accord de paix leur serait favorable. L’Iran et sa montée en puissance préoccupent davantage beaucoup de ces Etats, y compris l’Egypte et l’Arabie saoudite. Un accord avec Israël leur assurerait un meilleur contrôle de leurs relations avec l’Iran et éviterait de donner au gouvernement iranien matière à attiser l’opinion populaire arabe contre la position des gouvernements arabes sur la Palestine.

Israël y est-il prêt? C’est la grande question. Mais malgré les difficultés de la situation politique en Israël, l’idée que le temps ne joue plus pour Israël recueille un consensus de plus en plus large dans l’élite israélienne.

L’arrivée à la tête de la politique étrangère de Benyamin Nétanyahou et Avigdor Lieberman, perçus comme deux partisans de la ligne dure, est peut-être également un élément utile. Comme il a fallu un Richard Nixon pour aller en Chine, il faut un Nétanyahou pour imposer un accord de paix qui exige un retrait de la plupart des colonies israéliennes en Cisjordanie.

Lors d’un séjour que j’ai fait en Israël en 1997, j’ai rendu à Nétanyahou, alors premier ministre, une visite de confrère, car lui et moi avions été tous deux ambassadeurs auprès de l'Onu. Je n’oublierai jamais ce qu’il m’a dit: “Kishore, n’écoute pas les médias. Je suis pour la paix.” La probabilité de paix est par ailleurs renforcée par la coalition que forment Lieberman et Ehud Barak.

Il n’est pas de bon accord de paix sans le concours d’un grand médiateur. Par chance, une candidate vient d’être investie à ce poste, en la personne de Hillary Clinton. Ses deux prédécesseurs, Colin Powell et Condoleezza Rice, n’auraient pas pu produire la plus sérieuse des références: la confiance accordée par les deux parties. Elle, oui.

Je n’ai pu lui serrer la main qu’une fois, un dimanche matin tôt, dans une synagogue de New York, il y a quelques années. Je n’en revenais pas que cette petite synagogue puisse réunir deux sénateurs de New York, Clinton et Charles Schumer, et plusieurs membres du Congrès, pour une rencontre autour d’un petit-déjeuner. J’ai pu voir au premier coup d’œil que Clinton jouissait de la confiance de la communauté juive – un préalable nécessaire à tout médiateur moyen-oriental.

Sa visite dans la région en mars 2009 a fourni l’occasion d’apprécier ses talents de diplomate. Elle a réitéré son soutien à la sécurité d’Israël. Elle ne s’est pas montrée indifférente au désastre humanitaire qui frappe les habitants de Gaza. Un savoir-faire qui n’a rien de surprenant. Bill Clinton, son mari, s’est livré à une réflexion intense sur le problème du Moyen-Orient, dont la qualité se reflète dans la proposition de paix qu’il a élaborée.

L’intention de Clinton de parachever le travail commencé par son mari dans la région a été perçue, et c’est sans nul doute une donnée très décisive. Les considérations personnelles de cet ordre ont leur importance. Nul doute non plus que si elle réussit à négocier la solution de la coexistence des deux Etats, elle fera une candidate de choix au prix Nobel de la paix.

Ce succès serait applaudi du monde entier. Peu d’Américains se rendent compte que la globalisation rapide du monde islamique a tissé un réseau politique qui rallie 1,3 milliard de musulmans sur certains problèmes-clé. Les retombées politiques néfastes du conflit israélo-palestinien sont instantanément propagées aux quatre coins du monde islamique.

L’élection de Barack Obama au poste de président des Etats-Unis et la sympathie qu’il inspire dans le monde islamique ont contribué à réduire quelques-unes de ces retombées. Si un accord de paix venait s’y ajouter, le monde pourrait soudain être soulevé par l’espoir et refaire surface. Défier le désespoir est ce dont le monde a le plus besoin aujourd’hui.

Kishore Mahbubani est doyen de la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l’Université nationale de Singapour. Son ouvrage le plus récent s’intitule The New Asian Hemisphere: The Irresistible Shift of Global Power to the East.

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yaaradr 08:29 30 Apr 10

Very optimistic article.  Reading it a year after it was written and things seem to only become worse.

Netanyahu is to weak to stand against his right wing partners at the government and the left wing is completely non-existing.



AUTHOR INFO

Kishore Mahbubani is Dean of the Lee Kuan Yew School of Public Policy, National University of Singapore. His most recent book is The New Asian Hemisphere: The Irresistible Shift of Global Power to the East.