Wednesday, August 20, 2014
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Chercher ce qui aurait pu être évité

Il s'agit peut-être là d'un caprice excessif, ou peut-être est-ce le résultat d'une certaine volatilité financière internationale ces dernières années, avec les crises du Mexique en 1994-1995, de l'Asie de l'Est en 1997-1998, de la Russie en 1998, puis du Brésil, de la Turquie et de l'Argentine, mais nous, les économistes, nous préoccupons plus des questions monétaires et des catastrophes futures que nous ne le fîmes par le passé.

Ce mois-ci, la Banque des Règlements Internationaux (BRI), basée en Suisse, vient s'ajouter à la liste des experts qui se plaignent des risques financiers que le monde semble être en train de prendre par rapport à son avenir. « [T]ous les pays touchés par la crise financière…travers[èr]ent un ralentissement très prononcé » déclarait la BRI sur les événements récents. Elle poursuit en citant « les déséquilibres comptables actuels au niveau international », et particulièrement le déficit extérieur des États-Unis, qu’elle décrit comme « sans précédent pour un pays dont la monnaie sert de réserve d’avoir un déficit courant d’une telle magnitude ». En Bref, le monde se retrouve « toujours plus à la merci des turbulences financières ».

{0>The BIS hints at the possibility of a financial crisis that, with the US at its center, would dwarf by at least an order of magnitude all crises that have occurred since 1933. <}0{>La BRI sous-entend la possibilité d’une crise financière qui, avec les États-Unis en son centre, réduirait à grande échelle la magnitude de toutes les crises qui se sont produites depuis 1933.<0} Pourtant, pour répondre à ce risque, la BRI émet les recommandations ordinaires qui font cas d’école. Les pays dont les politiques et les économies sont déséquilibrées devraient modifier leurs politiques pour retrouver leur équilibre : « les pays en déficit devraient réduire le taux de croissance de leurs dépenses intérieures à un seuil inférieur à celui de leur production intérieure. Permettre à leur monnaie de se déprécier en valeur réelle rendrait leurs produits plus compétitifs et apporterait également à la production l’envie de se détourner des biens non échangeables pour se tourner vers les biens marchands. »

C’est là le code de politesse des économistes pour faire passer le message : les États-Unis doivent réduire progressivement leur déficit budgétaire, tandis que d’autres pays, comme la Chine et le Japon, doivent progressivement laisser la valeur du dollar chuter et la valeur des autres monnaies monter. Ainsi, la BRI ne propose rien de neuf, rien qui ne retienne particulièrement l’attention.

Mais si l’on se tourne vers le gouvernement américain, on y constate une forte illusion : le déficit budgétaire actuel n’est pas un problème. Comme le remarquait Stan Collender, un observateur remarqué du budget fédéral américain : « Auncun de ceux qui sont en charge du budget fédéral ne semble aujourd’hui s’intéresser à ce budget ». Ce n’est pas « parce que les comités budgétaires sont trop occupés (…) [L]e parlement et le sénat (…) ne font pas grand chose en général [parce qu’]ils ne le veulent pas ». Au sein du gouvernement Bush, Josh Bolten, le directeur de l’OMB (Office of Management and Budget), « est devenu quasi invisible », tandis que « le Président et le vice-président évitent toute discussion publique sur le budget ».

Soyons bien clair sur ce point : ce n’est pas parce que les responsables politiques qui voudraient se lancer dans la consolidation fiscale ne parviennent pas à convaincre, mais bien parce qu’il n’y a aucun homme politique, du moins aucun qui puisse avoir une certaine influence sur la détermination des politiques, qui essaie de diriger les États-Unis vers l’adoption d’une politique fiscale plus responsable.

Il s’agit là d’un échec grotesque de l’exercice du pouvoir. Les gouvernements qui poursuivent des politiques à l’origine de déséquilibres, telles que le laxisme fiscal américain ou le taux de change fixe de la Chine, le font pour des raisons qu’ils considèrent comme importantes d’un point de vue politique. Lancer des appels dans leur direction, pour leur demander de modifier leurs politiques, et de ce fait contribuer positivement au bien commun que représente la stabilité financière, ne sert à rien si d’autres ne modifient pas leurs politiques, n’agissent pas de manière responsable pour contribuer également au bien-être général.

La coordination des politiques internationales requiert un leader, quelqu’un qui fera le premier pas dans la bonne direction. Alors que les États-Unis sont les mieux placés pour jouer ce rôle, en qualité de première économie mondiale, ils n’ont pas réussi à ce jour à remplir leur rôle. John Snow, le secrétaire au Trésor, n’a presque pas communiqué publiquement sur le budget, mais a consacré publiquement beaucoup de temps à la Chine. Les responsables politiques républicains présents sur le terrain sont moins préoccupés par les finances nationales qu’ils ne le sont par les pertes d’emploi du secteur industriel.

{0>“So what else is new?” you may ask – and with good reason.<}0{>Quoi de neuf alors ? pourrait-on se demander, et ce avec de bonnes raisons.<0} La liste des questions que le gouvernement Bush n’a pas réussi à adresser est très longue, et ne pas avoir pris de mesures pour réduire les risques de future catastrophe financière n’est pas un échec qui apparaît en tête de liste. Le gouvernement Bush dans sa totalité est une suite d’échec de la direction politique, alors pourquoi s’acharner sur sa mauvaise gestion financière ?  

D’un point de vue purement pratique, parce que garantir la stabilité financière est une question sur laquelle de réels progrès peuvent être accomplis relativement facilement. Le gouvernement Bush se soucie peut-être peu de la réduction du déficit comme représentant la politique appropriée pour l’Amérique, mais il s’en soucierait peut-être bien plus si la question était présentée comme nécessaire avant tout changement politique à l’étranger qui diminuerait la pression des importations sur le marché intérieur de l’emploi industriel.

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