Monday, September 1, 2014
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Lutte contre la pauvreté : nous devons tenir nos engagements

Comme chacun de nous, au début de chaque année, institutions et gouvernement prennent de courageuses résolutions. Mais pour les millions de gens qui vivent dans la misère, la simple annonce de la mise en route de l'aide ne suffit pas à créer des emplois et à susciter le développement économique. Dans la lutte contre la pauvreté, cette année la communauté internationale doit passer clairement des déclarations d'intention aux actes. Qu'est-ce que cela suppose ?

En 2005, la communauté internationale a réitéré son engagement d'aider les pays pauvres à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) de l'ONU qui doivent entraîner une réduction de moitié la pauvreté d'ici 2015. Cet engagement comporte un allégement significatif de la dette et une augmentation marquée de l'aide. Il y a eu des avancés en ce qui concerne l'allégement de la dette, mais la communauté internationale doit aussi respecter l'engagement d'augmenter son aide et de veiller à sa bonne utilisation.

Les prêteurs multilatéraux ont compris depuis longtemps l'importance de l'allégement de la dette dans la lutte contre la pauvreté. L'initiative Pays fortement endettés (PFE) - lancée conjointement par le FMI et la Banque mondiale en 1996 pour coordonner les efforts des organisations multilatérales et des gouvernements - doit permettre d'alléger la dette des pays pauvres jusqu'à un niveau supportable. A ce jour, les résultats sont encourageants.

Avant l'initiative PFE, les pays concernés consacraient au service de la dette une part du budget légèrement supérieure à celles dédiées à l'éducation et la santé réunies. Les 28 pays qui ont obtenu un allégement de leur dette ont vu celle-ci a diminuer en moyenne de deux tiers. Le budget qu'ils allouent à la santé, à l'éducation et aux autres services sociaux est maintenant presque quatre fois supérieur à celui consacré au service de la dette.

En 2005, la communauté internationale a fait un pas de plus avec l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) qui va annuler complètement la dette de beaucoup de pays pauvres à l'égard du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine pour le développement. Ainsi, en décembre dernier le FMI a annulé la dette en cours à son égard avant le 1° janvier 2005 pour 19 pays (13 en Afrique, quatre en Amérique latine et deux en Asie), ceci avec effet immédiat. D'autres pays peuvent aussi y prétendre et le FMI les aide à répondre rapidement aux critères voulus. Le niveau total d'allégement de la dette devrait dépasser les 5 milliards de dollars.

Grâce à l'initiative Pays fortement endettés qui en est partie intégrante, l'IADM va faire plus que réduire la dette, elle va libérer des ressources qui pourront être consacrées à la lutte contre la pauvreté et au développement économique. Ainsi, en 2006 la dette de la Zambie va diminuer d'un montant qui atteint presque 10% de son PIB, et celle du Guyana va être réduite d'un montant qui dépasse les 8% de son PIB. Le niveau d'allégement de la dette va être encore plus important, une fois que la Banque mondiale et la Banque africaine pour le développement auront finalisé leurs propres programmes dans les mois à venir.

Néanmoins, l'allégement de la dette ne constitue qu'une faible part de l'aide, tant financière que technique, dont les pays pauvres ont besoin pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Pour y parvenir, les donateurs doivent aussi respecter leur engagement quant à une augmentation significative de l'aide.

Depuis longtemps, le FMI demande aux pays donateurs de fournir une aide au développement à hauteur de 0,7% de leur PIB, taux admis au niveau international. Certains pays ont promis de s'y conformer, mais seulement à long terme, tandis que d'autres qui ne sont pas prêt à aller jusque là, se sont néanmoins engagé à accroître leur aide. La communauté internationale doit aller au bout de ses engagements. Les pays donateurs doivent fournir l'aide dont les pays en voie de développement ont un besoin urgent.

Mais il faut veiller à ce que les pays pauvres fassent bon usage de l'allégement de la dette et de l'aide. Il faut aussi s'assurer que l'injection d'une aide supplémentaire massive n'ait pas de conséquence économique malencontreuse - telle qu'une rapide appréciation de la monnaie des pays bénéficiaires ou l'inflation, ce qui nuirait à la compétitivité de leurs exportations - et que les pays pauvres qui essayent d'atteindre les OMD et qui ont de grands besoins de financement, ne se laissent emporter dans une nouvelle spirale d'endettement. L’Initiative d’allégement de la dette multilatérale n'aura servi à rien si elle entraîne les pays pauvres dans un nouveau cycle de dette.

Les pays bénéficiaires doivent participer aux efforts des pays donateurs en procédant aux réformes voulues, en menant une politique macroéconomique adaptée et en faisant le meilleur usage possible de cette aide accrue. Une assistance extérieure peut aider à lutter contre la pauvreté, mais en dernier ressort, ce sont les efforts des pays pauvres eux-mêmes pour améliorer leur économie sur le long terme, améliorer leur gouvernance et construire des institutions stables et efficaces qui auront le plus d'impact. Ils peuvent également améliorer les perspectives qui s'offrent à eux avec une meilleure gestion de leur fiscalité, en favorisant le développement du secteur privé et en libéralisant les échanges.

Si nous tenons nos engagements, 2006 sera peut-être une année d'espoir pour ceux qui ne possèdent pas grand chose d'autre que le rêve d'une vie meilleure.

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