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Pourquoi de bonnes politiques font-elles une piètre politique ?

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2009-11-27

BERKELEY – Suite à l’effondrement de la banque Lehman Brothers l’année dernière, les politiques adoptées par le Trésor américain, ainsi que par les administrations des présidents George W. Bush et Barack Obama ont été saines et utiles. L’autre alternative, consistant à ne rien faire et à laisser les marchés gérer la situation, aurait entrainé plus de chômage aux Etats-Unis et dans le monde que ce n’est le cas actuellement. Les facilités de crédit et le soutien du système bancaire ont considérablement contribué à éviter le pire.

Que les banquiers d’investissement n’aient pas fait faillite en décembre dernier et qu’ils en profitent un maximum cette année est tout à fait accessoire. Chaque point de chômage supplémentaire qui persiste pendant deux ans coûte 400 milliards de dollars. Une récession deux fois plus profonde que celle que nous venons de traverser aurait coûté environ 2 billions de dollars aux américains et près de quatre fois plus au reste de la planète.

En comparaison, les bonus de Goldman Sachs sont une grossière erreur. Et toute volonté de faire d’avantage souffrir les banquiers d’investissement au cours de l’automne et de l’hiver dernier aurait fait peser un risque trop important sur l’ensemble des plans de sauvetage. Ainsi que l’a formulé Don Kohn, vice-président de la Fed, s’assurer que quelques milliers de banquiers reçoivent leur juste punition financière est irrecevable si cela implique de mettre en danger les emplois de millions d’Américains et de dizaines de millions d’hommes et de femmes partout dans le monde.

Le plan de relance de l’administration Obama a aussi considérablement aidé l’économie. Même si il est difficile de déterminer quels seront les effets de la baisse des impôts, l’aide aux états a permis de sauver des emplois ; et les fonds publics versés en faveur d’un grand nombre de projets utiles devraient relancer la production et l’emploi de la même manière que la consommation relance la production et l’emploi.

Et le coût de l’alourdissement de la dette est extraordinairement bas : 12 milliards de dollars par an de taxes supplémentaires seraient suffisants pour financer le plan de relance aux taux d’intérêts actuels. Pour ce prix, les contribuables américains bénéficieront d’1 billion de dollars supplémentaires en biens et en services, avec un marché du travail de quelques 10 millions d’emplois par an.

Une des seules critiques que l’on puisse faire sur la politique budgétaire depuis ces 14 derniers mois n’est pas le fait qu’elle ait contribué à alourdir la dette tout en récompensant les princes de Wall Street, mais plutôt qu’elle ait été si modeste. Nous aurions du faire plus. Et pourtant ces politiques sont aujourd’hui politiquement perdantes : personne n’encourage plus la relance économique.

C’est assez étrange car généralement lorsque quelque chose fonctionne, l’instinct naturel est de le répéter. Les bonnes politiques qui relancent la production et l’emploi sans entrainer d’inflation ne devraient-elles pas être politiquement populaires ?

En ce qui concerne le plan de relance d’Obama, il me semble que la droite américaine a démontré une profonde malhonnêteté politique et intellectuelle que la presse refuse de reconnaitre.

Pendant deux cent cinquante ans, les économistes ont cru que les dépenses d’une économie augmentaient lorsque des groupes de personnes décidaient de dépenser plus. Parfois, les dépenses augmentent parce qu’il y a plus de liquidités disponibles dans l’économie, et parfois parce que des changements de trajectoires – le coût induit par le choix de renoncer à telle ou telle action telle que l’épargne, par exemple – donnent envie de dépenser cet argent rendu plus facilement accessible. Parfois, et jusqu’à un certain point, ces augmentations se traduisent par une hausse des prix et parfois, et jusqu’à un certain point, par une augmentation de la production et des emplois.

Mais, quels qu’en soient les causes ou les effets, les dépenses augmentent toujours lorsque des groupes décident de dépenser plus – et les raisons pour lesquelles un gouvernement décide d’augmenter les dépenses sont aussi bonnes que celles de n’importe quel autre individu. Elles sont aussi bonnes que celles des sociétés de crédit immobilier et des nouveaux acheteurs qui ont dépensé plus dans l’achat d’une nouvelle maison lors de la bulle immobilière des années 2000 ou celles des princes de la Silicon Valley qui eux aussi ont dépensé plus en créant de nouvelles sociétés à l’occasion de la bulle internet de la fin des années 90.

Les opposants républicains d’Obama, qui prétendent que le plan de relance budgétaire ne peut fonctionner, s’appuient sur des arguments qui sont au mieux incohérents et généralement tout simplement erronés, pour ne pas dire mensongers. Il faut se souvenir qu’en 1993, lorsque l’administration Clinton, après analyse, avait résolu de resserrer les budgets et de réduire les déficits, les républicains avaient alors prétendu que cela aussi détruirait l’économie.

De telles affirmations étaient aussi fausses à l’époque qu’elles ne le sont aujourd’hui. Mais combien d’articles de presse en font l’analyse, même de manière superficielle ?

L’argument un peu plus solide consiste à dire que le plan de sauvetage booste effectivement l’emploi et la production, mais pour un coût trop important à long terme car il entraine un fort alourdissement de la dette nationale américaine. Si les taux d’intérêts des titres du Trésor américain étaient élevés, avec une croissance élevée et concomitante à celle de la dette, je serais d’accord. Mais les taux d’intérêt des titres du Trésor américain sont bas et n’augmentent pas. Chaque vente aux enchères du Trésor, au cours desquelles le marché gobe au prix fort d’énormes tranches de la dette du Trésor américain, invalide l’argument selon lequel l’économie est trop endettée.

Ceux qui prétendent que l’Amérique a un problème d’endettement, et qu’un tel problème ne peut être résolu par un accroissement de cet endettement, ignorent (parfois de façon délibérée) que depuis le début de la crise financière, l’endettement privé et celui du Trésor américain sont deux choses biens différentes, évoluant dans des directions différentes et se comportant de façon différentes.

Ce que dit le marché n’est pas que l’économie est trop endettée mais que l’endettement privé est trop élevé, ce qui explique que les obligations des sociétés soient basses et que les entreprises estiment que l’argent est trop cher. Le marché dit aussi, de façon aussi claire que répétée, que l’endettement public de l’état américain est trop faible, ce qui explique pourquoi tous veulent le maintenir.

J. Bradford DeLong est professeur en sciences économiques à l’université de Californie à Berkeley et chercheur associé au sein du Bureau National de Recherche Economique.

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Stevew 07:16 01 Jan 10

Mr Delong- I believe you rely far too much on a short term phenomenon-current treasury rates- as proof that your dismissal of concern about the long term effect of higher debt is well founded. Interest rates change as peoples confidence in  future conditions changes and we are but one good bout of inflationary expectations away from much higher treasury yields. My understanding is that the vast majority of US government debt is relatively short term and thus will need to be refinanced over the next 5 years. Are you actually willing to predict that interest rates over the next 5 years will not go up significantly?

I'd hazard a guess that you are not risking too great a sum of your own money on such a position.

 At some point economies worldwide will use up the current slack in production and supply constraints will crop up. With the inflationary expectations that almost everybody in the world currently shares and the huge monetary expansion of governments around the world, how you can be so dismissive of those who believe we will relatively soon live to regret the very policies you seek to expand, eludes me. 

On the one hand you admit to not knowing why the greatest financial panic in the last two generations occured while on the other you proclaim yourself firmly in possesion of the prescription for a cure. A little caution might be in order.     



AUTHOR INFO

J. Bradford DeLong, a former assistant secretary of the US Treasury, is Professor of Economics at the University of California at Berkeley and a research associate at the National Bureau for Economic Research.