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A Human Rights Crime In Gaza

Jimmy Carter

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2008-05-06

Atlanta – Le monde est témoin d’un crime terrible contre les droits de l’homme à Gaza, où un million et demi d’êtres humains sont emprisonnés et quasiment privés de tout accès au monde extérieur que ce soit par mer, par air ou par la terre. Une population entière est en train d’être brutalement punie.

Ce mauvais traitement flagrant des Palestiniens de Gaza a été intensifié de façon spectaculaire par Israël, avec le soutien des États-Unis, après que des candidats politiques représentant le Hamas ont gagné une majorité de sièges au parlement de l’Autorité palestinienne en 2006. Cette élection avait été jugée honnête et juste de façon unanime par tous les observateurs internationaux.

Israël et les États-Unis ont refusé d’accepter les droits des Palestiniens à former un gouvernement d’unité avec le Hamas et le Fatah et aujourd’hui, après une lutte interne, c’est le Hamas seul qui contrôle Gaza. Quarante et un des 43 candidats victorieux du Hamas qui vivaient en Cisjordanie sont aujourd’hui emprisonnés en Israël, plus dix autres qui ont occupé des postes dans l’éphémère gouvernement de coalition.

Sans considération du choix de chacun dans la lutte partisane entre le Fatah et le Hamas à l’intérieur de la Palestine occupée, nous devons nous souvenir que les sanctions économiques et les restrictions dans les livraisons d’eau, de nourriture, d’électricité et de carburant provoquent d’extrêmes souffrances parmi les innocents habitants de Gaza, dont un million environ sont des réfugiés.

Les bombes et les missiles israéliens frappent régulièrement la zone enclavée, faisant de nombreuses victimes à la fois parmi les militants et les femmes et enfants innocents. Avant même le cas très médiatisé de la mort d’une femme et de ses quatre enfants en bas âge la semaine dernière, ce phénomène est visible dans un rapport antérieur de B’Tselem, la principale organisation israélienne de défense des droits de l’homme : 106 Palestiniens ont été tués entre le 27 février et le 3 mars. Cinquante-quatre d’entre eux étaient des civils qui ne prenaient pas part aux combats, et 25 avaient moins de 18 ans.

Lors d’un récent voyage au Moyen-Orient, j’ai essayé de mieux comprendre la crise. J’ai visité entre autres Sderot, une communauté d’environ 20 000 personnes dans le sud d’Israël, fréquemment frappée par des roquettes rudimentaires tirées de Gaza, non loin. J’ai condamné ces attaques, que je tiens pour des actes de terrorisme abominables, car la majorité des treize victimes des sept dernières années n’étaient pas des combattants.

J’ai ensuite rencontré des leaders du Hamas, à la fois une délégation de Gaza et les hauts fonctionnaires de Damas, en Syrie. J’ai exprimé la même condamnation à leur égard, et les ai pressés de déclarer un cessez-le-feu unilatéral ou d’organiser avec Israël un accord mutuel pour mettre fin à toutes les actions militaires à Gaza et autour sur le long terme.

Ils m’ont répondu que de telles actions, qu’ils avaient initiées, étaient restées sans contrepartie, et ils m’ont rappelé que le Hamas avait précédemment insisté pour instaurer un cessez-le-feu dans toute la Palestine, incluant à la fois Gaza et la Cisjordanie, ce qu’Israël avait refusé. Le Hamas avait alors fait une proposition publique de cessez-le-feu mutuel restreint à Gaza, ce que les Israéliens avaient considéré puis refusé également.

Les arguments fervents ne manquent pas, de chaque côté, pour rejeter le blâme de l’absence de paix en Terre sainte. Israël a occupé et colonisé la Cisjordanie palestinienne, qui représente environ un quart (28,5%) de la taille de la nation d’Israël telle qu’elle est reconnue par la communauté internationale. Certaines factions religieuses israéliennes revendiquent un droit à la terre des deux côtés du Jourdain, et d’autres affirment que leurs 205 colonies peuplées de quelque 500 000 habitants sont nécessaires pour la “sécurité.”

Toutes les nations arabes ont accepté de reconnaître pleinement l’État d’Israël, à condition qu’il se conforme aux résolutions-clé de l’Onu. Le Hamas s’est engagé à accepter tout accord de paix négocié entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert, pourvu qu’il soit approuvé par un référendum auprès du peuple palestinien.

C’est une promesse de progrès, mais en dépit du bref tapage et des déclarations positives lors de la conférence de paix de novembre dernier à Annapolis, dans le Maryland, le processus a connu une régression. Neuf mille nouvelles habitations de colons israéliens ont été annoncées en Palestine, le nombre de barrages routiers en Cisjordanie a augmenté, et l’étranglement de Gaza s’est resserré.

C’est une chose pour d’autres dirigeants de s’en remettre aux États-Unis pour les négociations de paix cruciales, mais le monde ne doit pas rester les bras croisés pendant que des gens innocents sont traités avec cruauté. Il est temps que des voix fortes en Europe, aux États-Unis, en Israël et ailleurs se fassent entendre et condamnent cette tragédie des droits de l’homme infligée au peuple palestinien.

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AUTHOR INFO

Jimmy Carter is a former President of the United States and the founder of the nonprofit Carter Center in Atlanta.