Friday, October 31, 2014
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Unification de la Corée et paix mondiale

SEOUL – Lorsque l’ONU célèbrera en 2015 son soixante-dixième anniversaire, les Coréens pleureront soixante-dix années de division. A la lumière de tous les défis et des opportunités qui se présentent à la péninsule divisée – et qui ne devraient pas disparaître dans les années à venir – l’unification demeure un objectif important qu’il nous faut poursuivre.

Fondée officiellement sous l’égide des Nations Unies en 1948, la République de Corée, à l’époque dans sa phase d’envol, s’est immédiatement retrouvée happée dans le tourbillon politique de la guerre froide, mettant ainsi un frein à ses efforts pour intégrer l’ONU – un objectif auquel elle ne parviendra qu’en 1991. Depuis lors, cependant, la République a largement compensé ce retard. Elle joue un rôle actif au sein de l’ONU – au Conseil de sécurité, au Conseil économique et social, et au Conseil des droits de l’homme – et participe à de nombreuses initiatives en lien avec le maintien de la paix, la coopération pour le développement, le changement climatique, la non prolifération et les droits de l’homme.

La situation de la communauté internationale a elle aussi profondément évolué au cours de cette période. La globalisation et les évolutions technologiques ont approfondi l’interdépendance et pourtant, l’insécurité, les inégalités, l’injustice et l’intolérance prolifèrent toujours partout dans le monde. Deux décennies après le génocide rwandais, nous continuons à être les témoins de la cruauté et de l’horreur humaines – en Syrie, au Sud Soudan, et en République Centrafricaine, par exemple – tandis qu’environ un milliard des personnes les plus pauvres, dont des femmes et des enfants, survivent à peine.

L’Asie du nord-est a aussi son lot de problèmes. Une Chine en pleine ascension, un Japon résurgent, une Russie qui s’affirme et une Corée du Nord anachronique, ont contribué aux complexités et aux incertitudes dans la région. Dans le cas de cette dernière, la poursuite de son programme pour l’arme nucléaire est particulièrement inquiétante. De leur côté, les Etats-Unis se tournent de plus en plus vers l’Asie.

Les conflits grandissants, qu’ils soient d’ordre historique, territorial, ou sécuritaire maritime, associés à une vilaine résurgence nationaliste, risquent d’entrainer des confrontations militaires, conséquences fort probablement d’analyses politiques erronées. S’ils ne sont pas traités par les hommes politiques et les conciliateurs, les tensions en Asie du nord-est risquent de fragiliser l’économie florissante de la région.

C’est dans cet environnement délicat que la présidente de la République de Corée, Park Geun-hye, est arrivée au pouvoir en 2013. Sa politique étrangère – appelée Trustpolitik ou « politique de la confiance » – a pour objectif de substituer à cette atmosphère de suspicion et de conflit une atmosphère de confiance visant à bâtir « une nouvelle péninsule Coréenne, une nouvelle Asie du nord-est, et un nouveau monde. »

Le plus gros obstacle à surmonter pour y parvenir est la question nucléaire en Corée du Nord. Au cours des deux derniers mois, la Corée du Nord a menacé de mener un nouveau test nucléaire. La tâche la plus urgente aujourd’hui est donc d’éviter que cela ne se produise, puis de vérifier les avancées du programme et des capacités nucléaires militaires du Nord.

Ce semblant de paix dans la péninsule coréenne reste fragile, et le gouvernement de la Corée du Sud a engagé des efforts diplomatiques intenses pour rallier ses amis et ses partenaires dans la région ainsi qu’à l’international pour éviter que cela n’arrive. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une série de résolutions pour imposer des sanctions d’envergure suite aux trois précédents tests conduits par la Corée du Nord. Toute nouvelle provocation entrainera la mise en place de l’ensemble des sanctions décidées par l’organisation.

C’est donc dans ces circonstances – auxquelles s’ajoute une situation désastreuse des droits de l’homme et humanitaire en Corée du Nord – que Madame Park a exposé sa vision pour une Corée unifiée. Dans un discours récemment prononcé à Dresde, elle a fait trois propositions concrètes et tangibles à la Corée du Nord pour répondre à ses problèmes humanitaires, construire l’infrastructure nécessaire pour le bien commun et la prospérité des deux Corées, et promouvoir l’intégration du peuple coréen.

La composante humanitaire de cette stratégie pourrait être mise en œuvre indépendamment des considérations politiques ou sécuritaires. Elle pourrait par exemple comprendre la mise en place du projet 1000-jours de l’ONU pour la santé maternelle et l’alimentation des enfants, afin de mettre fin au taux élevé de malnutrition infantile chronique en Corée du Nord. On ne peut qu’espérer que la Corée du Nord répondra positivement à notre proposition. Cela constituerait une première étape importante sur un chemin encore très long.

La voie vers l’unification de la Corée sera indubitablement difficile, et nécessitera le soutien de la communauté internationale. En retour, le nouveau pays unifié auquel nous aspirons servira les intérêts de ses voisins et ceux de la communauté internationale dans son ensemble pour la promotion d’une paix et d’une prospérité globales.

Il existe un précédent en la matière, et donc une raison de garder espoir. Il y a environ 23 ans, le contexte géopolitique qui soutenait la division de deux Allemagnes a radicalement changé. De même, le jour viendra où les plaques signalétiques onusiennes des deux Corées laisseront place à une seule et unique plaque commune.

Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats

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  1. Commentedj. von Hettlingen

    Foreign Minister Yun wants to remind the international community of "70 years of national division" in 2015 and to highlight the goals of President Park Geun-hye, "Korean unification and global peace".
    Koreans have long dreamed of reuniting their two countries. To this end the Ministry of Unification was formed in 1968, which ushered in an era of dialogue, reconciliation and cooperation with the Communist North, hoping this would pave the way towards a united Korea, that provides for sustainable peace on the peninsula.
    South Korea has come a long way since partition in 1948. Today it is the world's 15th largest economy and one of Asia's most affluent countries. Having seen four decades of authoritarian rule, multi-party political system was restored in 1987.
    After years of hostility, Park's "Trustpolitik" should help build confidence between the two Koreas. Mutual mistrust is deep, with their border considered to be one of the world's last remaining military flashpoints. Pyongyang fears that Seoul intends to undermine or absorb the North. Direct talks had been held, but they ended in 1994, when the North's leader, Kim il-Sung died. Pyongyang was offended when Seoul did not send a message of condolence.
    In 1998 Kim Dae-jung was elected president. He was more conciliatory towards the North than his predecessors and said peace was more important than unification. South Korea was in an economic crisis, which prompted him to admit that the country couldn't afford a unification with the North. Nevertheless Koreans had swallowed their pride and asked the IMF for help. Their economy recovered and Kim's "sunshine policy" which aimed to bring the North out of isolation, had improved their relationship with Pyongyang.
    For his work for democracy, humans rights, peace and reconciliation with North Korea Kim was awarded the Nobel Peace Prize in October 2000. Four months earlier, North Korea's reclusive Kim Jong-il surprised everyone by appearing at the airport to greet Kim Dae-jung personally in a lavish welcome ceremony. Kim said he was fulfilling a lifelong dream to become the first South Korean leader to set foot in the communist North since division.
    While South Korea was preparing for Kim Jong-il to visit Seoul, new strains emerged that frayed the relations between the two countries. After the 9/11 attacks, Seoul issued an emergency alert against terrorism. George W Bush took a harder stance towards North Korea, saying it formed part of an "axis of evil". This had dismayed many South Koreans who backed their government's fragile engagement with the communist North. As a result to its nuclear weapons and missile tests, sanctions were imposed against the North in 2006.
    The "sunshine policy" ended with the election in 2008 of Lee Myung-bak, who adopted a tougher stance towards the North in response to its failure to give up the nuclear programme. A series of aggression put the South on high alert. In 2010 Obama strongly condemned North Korea's shelling of Yeonpyeong island and said the US would defend South Korea.
    Since Kim Jong-il's death his son Kim Jong-un succeeded. Young and untested, he has no empathy for his people, who suffer from chronic malnutrition. North Korea has been enduring severe food shortages since 1995, affecting large sections of its population. Floods and drought were made worse by agricultural mismanagement. Indeed, Seoul is aware of the challenges and knows that "Korea’s road to unification will undoubtedly be difficult". If it happens within her tenure, President Park will go down in history as the unifier of the two Koreas.

  2. CommentedMoctar Aboubacar

    뭔가 했더니 역시 개소리구나 개소리.
    아직도 독일 얘기를 하고 있는데 보다 근본적인 문제인 통일의 당위성을 하나도 논한 바가 없다. 제발 이 사이트에 실속 있는 글을 좀 올립시다.

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