Thursday, April 24, 2014
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Barack Obama, un véritable ami d’Israël

HAIFA – A quoi reconnaît-on un véritable ami ? Au fait qu’il croit et a confiance en vous, qu’il se préoccupe de vos besoins réels et vous dit honnêtement quelles sont vos erreurs, qu’il tentera ensuite de vous aider à corriger. C’est ce genre d’ami que je veux à mes côtés, pas celui qui approuve automatiquement ce que je fais, ou qui déclare son amour pour moi et m’accepte tel que je suis.

Depuis la grande victoire militaire de la guerre des Six Jours en 1967, au cours de laquelle les forces israéliennes ont repoussé les armées conjointes de l’Égypte, de la Syrie et de la Jordanie qui avaient ouvertement proclamé leur désir de rayer l’État hébreu de la carte, Israël souffre d’une confusion idéologique et militaire liée aux conquêtes territoriales réalisées lors de ce conflit.

Après la guerre des Six Jours, Israël n’a pas utilisé les territoires conquis comme une monnaie d’échange pour négocier la paix, et inciter ainsi le monde arabe et les Palestiniens à reconnaître sa légitimité, et pour garantir la démilitarisation des territoires palestiniens après leur restitution. Au contraire, Israël s’est lancé dans une politique de colonisation – que ce soit en raison de sa méfiance envers ses ennemis et envers leur engagement à respecter un quelconque accord de paix futur, ou en raison de son désir d’annexer une partie des territoires. En tout état de cause, l’État hébreu a créé une situation qu’il est difficile d’inverser.

Les implantations israéliennes ne jouent pas, et n’ont jamais joué, un rôle dans la sécurité du pays. Parce qu’elles sont situées au milieu de la population palestinienne, elles représentent au contraire des cibles faciles pour des attentats terroristes et nécessitent des mesures de protection spéciales, dont l’important déploiement militaire chargé des patrouilles et de la surveillance. Sur le plateau du Golan par exemple, où il n’y a aucune présence syrienne, ces colonies, situées à quelques kilomètres seulement d’énormes concentrations de troupes syriennes, constituent un lourd fardeau. En cas de guerre, l’armée israélienne devra les évacuer rapidement, comme cela a été le cas pendant la guerre du Kippour en octobre 1973.

Ces implantations exaspèrent la haine des Palestiniens pour Israël. Outre le fait qu’elles occupent des terres palestiniennes, qu’elles utilisent leur eau et qu’elles limitent leur liberté de mouvement, ces colonies symbolisent l’intention qu’a Israël de rester sur ces territoires, et par là même prouvent sa réticence à accorder l’indépendance au peuple palestinien, même si de leur côté, eux étaient prêts à reconnaître la légitimité d’Israël et se montraient disposés à coexister pacifiquement.

L’État hébreu a énormément investi dans les colonies, souvent au détriment de besoins importants en Israël même. Les colons, en majorité des partisans de mouvements et partis religieux et nationalistes, affichent fréquemment une attitude de supériorité dans leurs relations avec les autorités israéliennes, en prétendant jouir d’un statut particulier, non seulement par rapport aux Palestiniens, mais aussi par rapport aux citoyens israéliens. En fait, une proportion non négligeable d’entre eux ne reconnaissent même pas l’autorité légale de l’État d’Israël.

Le principal problème des colonies est qu’elles risquent, si elles continuent de s’étendre, de compromettre la solution des deux États, et qu’elles conduiront tôt ou tard à l’établissement d’un seul État - peuplé par deux groupes ethniques – entre le Jourdain et la Méditerranée. Mais les données démographiques montrent que les Palestiniens deviendront peu à peu majoritaires et l’option d’un État unique signifie à terme la disparition de l’État Israël.

La plupart des Israéliens le comprennent. Mais comme un toxicomane incorrigible, ils sont incapables de dire « Assez. Nous avons fait une erreur et nous devons la corriger avant qu’il soit trop tard ».

En fait, lorsqu’un traité de paix a été signé avec l’Égypte, les colons juifs ont été évacués de force du Sinaï. De même, lorsque les communautés juives installées sur la bande de Gaza sont devenues intenables, le dirigeant de droite de l’époque, Ariel Sharon, a contraint les 9000 colons qui y vivaient, au milieu de 1,5 million de Palestiniens, à partir – un événement dramatique qui a laissé de profondes cicatrices des deux côtés. Mais il y a 250.000 colons en Cisjordanie et les évacuer par la force risque de dégénérer en guerre civile.

La communauté internationale, dont les Etats-Unis, n’approuvent pas les implantations israéliennes. Mais malgré les occasions qu’ont eues les diverses administrations américaines de faire jouer leur influence, elles ont préféré permettre à Israël, un État allié et ami, de faire ce qu’il voulait.

Aujourd’hui, le moment de vérité est arrivé. Barack Obama, un dirigeant sage et courageux, ne tient pas seulement à améliorer l’image des Etats-Unis aux yeux du monde musulman. Je n’ai aucun doute à ce sujet. Le bien-être et la sécurité Israël lui tiennent tout autant à cœur et il nous dit : « Assez. Cessez de vous faire du mal et d’hypothéquer votre avenir. Même si vous ne croyez pas au désir de paix des Palestiniens, ni en leur capacité à tenir à distance les organisations terroristes, ni en leur renoncement au droit de retour, vous pouvez toujours assurer votre sécurité par une présence militaire dans les territoires palestiniens au lieu de compromettre une paix future et la solution des deux États en laissant s’étendre des colonies inutiles ».

Avec un appel aussi franc et direct au gouvernement israélien, le président américain ne fait pas qu’exprimer ce que sait la majorité des Israéliens. Il fait également la preuve de sa profonde amitié pour l’État hébreu.

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