Friday, August 22, 2014
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Un ordre du jour global pour sept milliards d’individus

NEW YORK – A la fin du mois prochain, un enfant va naitre : il sera le sept milliardième citoyen de la planète Terre. Nous ne connaitrons jamais les circonstances de sa naissance. Mais nous savons que ce bébé entrera dans un monde aux prises à de vastes et imprévisibles changements tant d’ordre environnemental qu’économique, géopolitique, technologique et démographique.

La population mondiale a triplé depuis la création de l’Organisation des Nations Unies en 1945. Et les chiffres ne cessent de croître, entrainant des pressions comparables sur la terre, l’énergie, l’alimentation et l’eau. L’économie globale génère aussi des pressions : un chômage croissant, des inégalités sociales de plus en plus importantes et l’émergence de nouvelles puissances économiques.

Ces tendances lient le destin et l’avenir de sept milliards d’individus aujourd’hui plus que jamais. Aucune nation ne peut à elle seule résoudre les grands défis globaux du vingt-et-unième siècle. La coopération internationale est une nécessité universelle.

La 66ème session de l’Assemblée Générale des Nations unies est encore une nouvelle opportunité offerte aux pays du monde pour laisser de côté les petits intérêts de court terme et s’engager dans des efforts coopératifs visant à répondre aux impératifs à long terme de l’humanité. A une époque où toutes les nations sont confrontées à leurs propres défis, il nous faut forger un ordre du jour commun à l’échelle mondiale qui permettra de s’assurer que le sept milliardième bébé et les générations futures grandiront dans un monde caractérisé par une paix, une prospérité, une liberté et une justice durables. 

Pour permettre de créer cet avenir, je concentre mon second mandat en tant que Secrétaire général autour de cinq impératifs globaux – cinq opportunités générationnelles pour façonner le monde de demain à partir de décisions prises aujourd’hui.

Le premier et le plus important de ces impératifs est le développement durable. Nous devons tous comprendre que sauver notre planète, extraire les populations de la pauvreté, et améliorer la croissance économique constituent une seule et unique bataille. Nous devons lier les questions du changement climatique, de la rareté de l’eau, des pénuries énergétiques, de la santé globale, de la sécurité alimentaire et du renforcement du pouvoir des femmes. Les solutions à un problème doivent être des solutions pour tous.

Dans les cinq prochaines années, il nous faut développer une nouvelle vision économique pour un développement durable ainsi qu’un consensus global autour d’un accord sur le changement climatique qui nous engage tous. Pour générer la croissance économique, réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et combattre le changement climatique, il faut créer un nouveau système énergétique pour le vingt-et-unième siècle qui profite à chaque individu sur la planète.

La prévention en tant que cadre pour une coopération internationale est une seconde opportunité. Cette année, le budget de maintien de la paix de l’ONU totalisera 8 milliards de dollars. Pensez à tout ce que nous pourrions sauver en évitant les conflits – en déployant des missions de médiations politiques, par exemple, plutôt que des troupes. Nous savons le faire. Notre action passée le prouve, que se soit en Guinée, au Kenya et au Kirghizstan.

Un troisième impératif est de construire un monde plus sûr et plus stable. Il nous faudra être courageux pour soutenir cet effort en faveur de la démocratie, des droits humains et de la paix. Nous sommes parvenus cette année avec succès à restaurer et à assurer la paix – en Côte d’Ivoire, au Darfour, en Egypte, et ailleurs. Mais la haine et le sang entravent encore notre vision de la paix.  

Nous devons sortir de l’impasse au Moyen-Orient. Les Palestiniens méritent un état. Israël a besoin de sécurité. Les deux veulent la paix. Un accord négocié peut y parvenir et l’Organisation des Nations Unies constitue une plateforme pour forger une telle paix.

Et nous continuerons donc aussi à produire nos efforts pour permettre une gouvernance démocratique en Irak, en Afghanistan, en République Démocratique du Congo, et en Sierra Leone. Et au nom de toute l’humanité, nous continuerons à encourager le désarmement nucléaire et la non-prolifération, pour un monde libéré de toute arme nucléaire.

La quatrième grande opportunité est de soutenir les pays en transition. Les évènements dramatiques de cette année en Afrique du nord et au Moyen-Orient ont inspiré les peuples partout dans le monde. Aidons-les à faire de ce printemps arabe une saison d’espoir pour tous.

En Libye, nous déployons une nouvelle mission de soutien auprès des autorités de transition du pays pour les aider à établir un nouveau gouvernement et un ordre légal dans le respect des aspirations du peuple libyen. La Syrie est une source particulière d’inquiétude. Nous avons pu constater pendant six mois la montée de la violence et de la répression. Le gouvernement s’est engagé à plusieurs reprises à entreprendre des réformes et à entendre son peuple. Il ne l’a pas fait. C’est maintenant qu’il faut agir. La violence doit cesser.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des impératifs : il faut travailler avec et pour les femmes et les jeunes.

Les femmes représentent plus de la moitié de la population mondiale ainsi qu’une large part du potentiel non réalisé du monde. Nous avons besoin de leur engagement plein et entier – au sein du gouvernement, dans le monde des affaires et au cour de la société civile. L’ONU a accordé une importante priorité à la promotion des femmes à tous les niveaux de l’Organisation, et cette année, pour la première fois, UN Women ouvre pour la promotion des intérêts et des droits des femmes partout dans le monde.

Sept milliards de personnes se tournent désormais vers l’ONU pour des solutions aux grands défis globaux de la planète. Ils ont des religions et des origines différentes mais partagent des rêves et des aspirations communs. Notre futur global dépendra de notre capacité à réunir ces différents talents individuels et les droits universels sous une cause commune. Démarrons cet agenda commun.

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